La tension politique reste vive dans la province de la Tshopo. Réunis à Kinshasa, les députés nationaux élus de cette province ont publiquement mis en cause le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, qu’ils accusent de s’immiscer dans la gestion provinciale, en tentant de réhabiliter le gouverneur déchu, Paul Lendongolia.
Dans une déclaration dont une copie est parvenue à la rédaction de Liberté Plus, le caucus des élus de la Tshopo dénonce ce qu’ils qualifient de « manœuvres obscures » visant à contourner la décision de l’Assemblée provinciale, laquelle avait voté, le 27 octobre dernier, une motion de défiance à l’unanimité contre le gouverneur Lendongolia.
Selon ces parlementaires, la lettre d’accusé de réception adressée par Jacquemain Shabani au président de la République constituerait une tentative « d’imposer la réhabilitation du gouverneur déchu, en violation de la Constitution et des lois de la République ».
Le caucus rappelle que le processus de destitution s’est déroulé conformément aux procédures en vigueur : la motion a été régulièrement déposée, débattue et adoptée à l’unanimité par les 18 députés provinciaux présents à la plénière. Pour eux, toute intervention du ministère de l’Intérieur dans ce dossier est perçue comme une atteinte grave au principe de la libre administration des provinces, garanti par la Constitution.
Les députés dénoncent notamment l’envoi par le ministère d’un télégramme demandant le rappel à Kinshasa des acteurs provinciaux impliqués dans la procédure, une initiative qu’ils jugent « contraire à l’esprit de la décentralisation ».
Dans leur déclaration, les élus nationaux de la Tshopo appellent à la stabilité des institutions locales et au strict respect des compétences provinciales. Ils exigent du vice-Premier ministre de l’Intérieur qu’il « se conforme aux limites de ses attributions » et invitent le gouverneur déchu à poursuivre sa contestation « par les voies judiciaires », notamment devant la Cour constitutionnelle.
Le caucus en appelle également à l’arbitrage du président Félix Tshisekedi pour garantir le bon fonctionnement des institutions dans la province.
Enfin, les députés avertissent qu’ils se réservent « le droit d’initier des actions parlementaires » si le ministre de l’Intérieur persistait dans une démarche qu’ils jugent contraire aux textes en vigueur.
Pour rappel, Jacquemain Shabani avait, pour sa part, remis en cause la régularité de la procédure ayant conduit à la destitution du gouverneur Paul Lendongolia, estimant que certaines règles n’avaient pas été respectées.
TL/LIBERTÉ PLUS