Alors que Kinshasa est frappée par des inondations récurrentes, le coordonnateur de la cellule de développement urbain de Kinshasa, Tom Kisenda, propose une solution fondée sur l’anticipation plutôt que sur la gestion des catastrophes naturelles après coup. C’était lors de l’atelier de restitution organisé ce mercredi 4 mars 2026 à l’hôtel Kin Plaza Arjaan by Rotana, dans la commune de la Gombe.
Organisée dans le cadre du projet KIN ELENDA, financé par la Banque mondiale, cette rencontre a permis de présenter les résultats de la phase 3 relative à l’élaboration du Plan local d’aménagement (PLA) du bassin versant de la rivière N’djili, ainsi que son articulation avec les Plans particuliers d’aménagement (PPA) et la consolidation des Programmes d’investissements prioritaires (PIP). Les avancées de la phase 4 portant sur le Plan de mobilité urbaine durable (PMUD) ont également été exposées.
« Nous devons anticiper »
Dans une interview accordée à Liberté Plus, Tom Kisenda a rappelé que ces études rejoignent la vision du gouverneur de la ville, Daniel Bumba, consistant à apporter des solutions durables aux problèmes structurels de Kinshasa.
« À Kinshasa, on ne parle souvent que des problèmes : les inondations, les voiries, le drainage. Mais nous avons besoin de solutions. Si nous voulons régler ces difficultés, nous devons commencer par anticiper », a-t-il déclaré.
Pour le coordonnateur, l’aménagement des périmètres autour du bassin de la rivière N’djili et de la rocade sud constitue une étape cruciale pour prévenir de nouveaux drames. Il a rappelé que les inondations enregistrées ces derniers mois sont en grande partie liées à un mauvais aménagement des espaces riverains.
Plus de 26 000 habitations en zone inondable
Tom Kisenda a révélé que plus de 26 000 habitations sont aujourd’hui recensées autour du bassin de la rivière N’djili, l’un des cours d’eau les plus importants de la capitale. Une situation qu’il qualifie de préoccupante.
« La zone autour du bassin de la rivière N’djili ne devait pas être aménagée telle qu’elle l’est aujourd’hui. Beaucoup de constructions se trouvent en pleine zone inondable », a-t-il expliqué, soulignant que des images comparatives entre 2008 et 2026 démontrent une urbanisation anarchique croissante.
À quelques semaines du pic de la saison des pluies en avril, il appelle à une responsabilité partagée. « L’État doit prévenir, mais la population doit aussi être consciente des risques. On ne peut pas continuer à construire dans des zones dangereuses », a-t-il insisté.
Des études pilotes pour l’avenir de la capitale
Présentées comme des études pilotes, les initiatives en cours pourraient être étendues à d’autres zones de la ville, qui compte aujourd’hui plus de 15 millions d’habitants. Selon Tom Kisenda, la planification reste la clé.
« Nous planifions parce que nous ne pouvons pas agir sans étudier et sans préparer ce qui doit être fait. Nous allons décider sur la base des études réalisées », a-t-il affirmé.
Tout en reconnaissant que le déplacement des populations installées dans les zones à risque nécessitera des moyens importants, il espère que le portage politique permettra de transformer progressivement ces espaces en zones stratégiques adaptées aux besoins de la ville.
À travers son plaidoyer, le coordonnateur de la cellule de développement urbain positionne la planification urbaine comme un levier central pour protéger les habitants et bâtir une capitale résiliente face aux défis climatiques.
TL / Liberté Plus


