RDC : “ Cette Constitution nous a imposé une barrière pour que le Président de la République ne s’approche pas de son parti

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Le Secrétaire général et président ad intérim de l’UDPS/Tshisekedi, l’honorable Augustin Kabuya, a, au cours de sa traditionnelle séance de matinée politique tenue vendredi, 7 août 2026, abordé plusieurs questions d’actualité, tout en appelant les cadres et militants du parti présidentiel à respecter la discipline et la hiérarchie internes.

Cette séance a notamment permis au numéro un intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi de revenir sur plusieurs préoccupations internes au parti, mais également sur les principaux sujets qui dominent l’actualité politique nationale.

Augustin Kabuya a commencé par rappeler à l’ordre certains membres de la famille politique du Chef de l’État, notamment à la lumière du rapport de la mission effectuée à l’intérieur du pays par les secrétaires généraux adjoints.

Le SG de l’UDPS/Tshisekedi a également évoqué la démarche entreprise par les présidents cellulaires qui souhaitent rencontrer directement le Président de la République, Félix Tshisekedi.

Face à cette demande, Augustin Kabuya a privilégié une approche fondée sur le respect de la hiérarchie. Il a proposé que ces responsables rencontrent dans un premier temps le Directeur de cabinet du Chef de l’État, afin de lui présenter leurs préoccupations. Celles-ci pourraient ensuite être transmises au Président de la République.

Une manière, selon lui, de permettre aux différentes structures du parti de faire entendre leurs revendications tout en respectant les mécanismes institutionnels et la discipline interne.

Abordant la question du référendum, le président intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi s’est dit satisfait de la décision rendue le 28 juillet dernier par la Cour constitutionnelle concernant la loi référendaire.

Pour Augustin Kabuya, cette décision vient conforter la démarche engagée par sa famille politique autour de la réforme constitutionnelle.

« Nous nous frottons les mains puisque ce que nous disions ici vient de se concrétiser le 28 juillet dernier à la Cour constitutionnelle. C’est un pari gagné. On ne peut plus nous retirer de l’histoire de ce pays. Il faut accepter l’histoire », a-t-il déclaré.

Le SG de l’UDPS/Tshisekedi a martelé sur la position du parti en faveur du changement de la Constitution.

Selon lui, la Constitution actuelle constitue une « barrière » entre le Président Félix Tshisekedi et son parti, alors même que le Chef de l’État demeure officiellement président de l’UDPS/Tshisekedi.

Augustin Kabuya estime notamment que les dispositions constitutionnelles limitent la possibilité pour le Président de la République de participer directement aux activités de sa famille politique ou de s’exprimer librement dans le cadre des activités du parti.

Cette constitution nous a imposé une barrière pour que le Président de la République ne s’approche pas de son parti. Comment expliquer que lui, le chef du parti, la constitution lui a imposé une barrière, c’est ainsi que nous disons, nous membres de l’UDPS, lors de l’avènement du référendum, battons nous pour remettre le Chef de l’Etat proche de son parti, il ne voit les activités de sa famille qu’à la télévision mais si nous changeons la constitution et cassons ce mur, nous lui verrons un jour venir et s’asseoir avec nous et suivre ce qu’on dit ”, a-t-il souhaité.

Pour lui, l’éventuel changement constitutionnel devrait notamment permettre de rapprocher davantage le Chef de l’État de sa famille politique.

Concernant la marche annoncée par l’opposition pour le 15 août prochain, Augustin Kabuya a indiqué que l’UDPS/Tshisekedi ne compte pas organiser une manifestation concurrente le même jour.

« Notre position, parti au pouvoir, reste la même : nous ne pouvons pas sortir le même jour avec eux pour tenir également une marche », a-t-il déclaré.

Il a toutefois appelé les autorités chargées de la sécurité à mettre en place un dispositif permettant de documenter le déroulement de cette manifestation, notamment grâce à l’utilisation de drones.

“ Je lance encore l’appel à la vice-Primature de l’intérieur. Mettez des drones pour que nous sachions comment ils ont marché. S’ils décident d’aller prendre des machettes, les drones vont filmer cela. Au VPM de l’intérieur, de mettre à disposition 4 pick-up, l’un pour les caméramans et les autres pour ceux qui pilotent ces drones , comme ça on saura s’ils étaient au nombre de combien car ils ne sont pas nombreux ” a-t-il suggéré.

Le président intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi a par ailleurs annoncé que son parti pourrait organiser sa propre marche quelques jours après celle de l’opposition, avec la participation des confessions religieuses ainsi que des partis et regroupements politiques partenaires.

“ S’ils font leur Marche le 15, deux à trois jours nous organiserons une marche. On ne va pas se disputer le monopole de la rue, s’ils font leur marche, nous allons convoquer toutes les confessions religieuses, les partis et regroupements politiques partenaires du parti et leur annoncer la marche (…) cette marche sera l’occasion d’exposer leur impopularité. On ne peut pas organiser la marche le même jour parce qu’ils risquent de reporter et nous prendre pour des bouc émissaires ”, a-t-il ajouté.

Pour Augustin Kabuya, cette démarche permettrait également de mesurer la capacité de mobilisation des différentes forces politiques.

Parlant de son absence dans le documentaire consacré à la campagne électorale du Président de la République, Augustin Kabuya a minimisé cette polémique, rappelant avoir participé à cette campagne du candidat numéro 20 dans plusieurs régions du pays.

« j’étais avec le président de la république candidat numéro 20 au KONGO central, à l’équateur, à Luiza lodga, kabinda, Mwene-Ditu,Mbuji-Mayi, Tshikapa,… dans tous ces endroits ils ne m’ont pas vu. Ce n’est pas important d’entrer dans ce débat. Concentrons nous a l’essentiel. Ce qui m’a choqué est qu’ils ont dit qu’ils m’avaient appelé pour l’interview et j’ai refusé ou mon téléphone n’était pas passé. Le plus important, cultivons le pardon et l’amour parce que ce sont des petites choses. Les grandes choses nous attendent », a-t-il déclaré.

Au cours de son intervention, des images de sa participation à la campagne électorale de Félix Tshisekedi ont d’ailleurs été diffusées pour illustrer son implication aux côtés du candidat à la présidentielle.

Au sujet de la communication politique de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya a appelé les communicateurs du parti à davantage de responsabilité, leur reprochant de limiter leur action à des attaques verbales contre les adversaires politiques, tout en restant silencieux face aux menaces visant le Chef de l’État.

« Ce qui m’a touché, vous les communicateurs, c’est de prendre l’argent et insulter les gens. […] Vous, votre communication, c’est pour prendre l’argent et insulter les gens. Là, je ne suis pas d’accord puisqu’on menace le Chef de l’État », a-t-il déploré.

Pour le SG et président ad intérim de l’UDPS/Tshisekedi, les communicateurs du parti doivent ainsi inscrire leur action dans une logique de défense du projet politique porté par le Chef de l’État, tout en faisant preuve de responsabilité dans leurs prises de parole.

À travers cette séance morale, Augustin Kabuya entend donc maintenir le cap sur la discipline interne, le respect de la hiérarchie et la mobilisation des cadres et militants autour des enjeux politiques auxquels fait face la République démocratique du Congo.

TL/Liberté Plus

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