Mauvais jours pour Joseph Kabila : Les États-Unis sanctionnent le ministère rwandais de la Défense et la structure Zigama pour leur soutien présumé aux M23
Les États-Unis ont annoncé, mercredi, des sanctions contre le ministère rwandais de la Défense et l’institution financière Zigama Credit and Savings Society, accusés de soutenir la rébellion du M23 et l’Alliance fleuve Congo (AFC) dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). L’annonce a été faite dans un communiqué du département américain du Trésor.
Ces mesures visent à sanctionner le soutien militaire et financier que Kigali apporterait au groupe armé M23, ainsi qu’à l’AFC, présentée par Washington comme sa branche politique. À travers cette décision, l’administration américaine appelle le Rwanda à respecter ses engagements dans le cadre des accords de Washington.
« Le Rwanda doit cesser de soutenir le M23 et retirer ses troupes de l’est de la RDC », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué. Ces accords, signés le 4 décembre 2025 par les présidents congolais et rwandais sous médiation américaine, prévoient un cadre de règlement du conflit et de coopération économique régionale, notamment dans le secteur des minerais critiques.
Selon le Trésor américain, le ministère rwandais de la Défense aurait organisé le déploiement de milliers de soldats dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces militaires opéreraient aux côtés du M23 et lui fourniraient des équipements, des approvisionnements, un soutien logistique ainsi que des formations.
Washington affirme également que l’armée rwandaise, déjà visée par des sanctions américaines le 2 mars 2026, a déployé dans l’est de la RDC des systèmes de missiles sol-air et des équipements de brouillage susceptibles de présenter des risques pour l’aviation civile.
L’institution financière Zigama Credit and Savings Society est, pour sa part, accusée d’agir au profit des services de sécurité rwandais. D’après le département du Trésor, elle aurait facilité des paiements à des entités situées en Chine et dans d’autres pays pour l’acquisition d’armes, de munitions et d’équipements destinés à l’armée rwandaise.
Le communiqué lui reproche également d’avoir facilité des transactions financières de plusieurs dizaines de millions de dollars au bénéfice du M23 et de l’AFC. Une agence de cette institution aurait, en outre, contribué à l’acheminement vers Kigali d’or provenant de territoires de l’est de la RDC contrôlés par le groupe armé.
Les autorités américaines dénoncent par ailleurs les exactions attribuées au M23 dans les zones sous son contrôle, notamment des exécutions extrajudiciaires, des détentions illégales, des actes de torture, ainsi que le recours au travail forcé et l’imposition de prélèvements illégaux aux civils dans les zones minières.
Le M23, déjà sous le coup de sanctions américaines et onusiennes, s’est emparé de Goma et de Bukavu, respectivement chefs-lieux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, au début de l’année 2025. Cette avancée militaire a aggravé la crise sécuritaire et humanitaire dans l’est du pays.
Le département américain du Trésor signale également la création, annoncée le 12 octobre, du Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme le successeur de l’AFC.
Concrètement, les sanctions prévoient le gel des avoirs des deux entités visées qui se trouvent aux États-Unis ou sont détenus ou contrôlés par des personnes américaines. Elles interdisent également, de manière générale, aux personnes américaines d’effectuer des transactions impliquant ces avoirs, sauf autorisation ou exemption prévue par la réglementation applicable.
TL/Liberté Plus