Chef de Travaux à l’université de Kinshasa et Expert-Géologue de l’ancien cabinet du Ministre des Mines, Alain CIBUMBA n’a pas bien digeré la sortie médiatique de son ex-patron, l’ancien ministre des Mines, monsieur Willy Kitobo Samsoni, mettant en cause la gestion de ce secteur par l’actuel ministre, son Excellence Antoinette Nsamba
Ci-dessous, la mise au point de monsieur Alain CIBUMBU repris en intégralité par votre média en ligne LIBERTÉ PLUS.
En date du 13 Mai 2021, monsieur Willy Kitobo est intervenu à la Radio top Congo dont les propos repris in extenso ci-dessous :
… Monsieur Willy Kitobo, ancien Ministre des mines, vante son bilan à la tête de ce ministère au sein du gouvernement Ilukamba et regrette que certaines réformes initiées au cours de son mandat tardent à être appliquées.
Il en appelle à une prise de conscience nationale :
« Oui, nous avons créé le fonds minier pour les générations futures, FOMIN en sigle, et même l’autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques comme le cobalt et le coltan, ARECOMS en sigle, deux (2) idées soutenues et défendues par moi partout dans tout le pays et dans toutes les conférences internationales.
FOMIN permet la création des richesses réelles par les congolais eux-mêmes en passant par le financement de la recherche de nouveaux gisements miniers et l’ARECOMS l’assainissement du secteur de l’artisanat minier au profit plus des congolais.
Jusqu’aujourd’hui, et cela fait plus deux (2) ans, rien ne bouge pour rendre opérationnel ces 2 innovations du secteur des mines congolais. Je ne comprends pas comment et pourquoi notre société congolaise est devenue malade avec un peuple aimant simplement l’enrichissement facile et des politiques des gouvernements successifs non rationnels.
Prenez encore l’exemple le plus frappant dans le secteur des mines où les congolais préfèrent dormir sur des richesses potentielles sans rien faire, et les autorités politiques et même tous les gestionnaires des entreprises minières du portefeuille de l’Etat, on peut citer la Gécamines, la MIBA, SAKIMA, SOKIMO. Et bien, tous attendent que les étrangers viennent exploiter ces richesses à leur place pour tirer simplement quoi ? les dividendes, quelques taxes et redevances.
Pensez-vous vraiment avec de telles politiques nous arriverons à mobiliser assez de recettes de l’état et répondre aux multiples défis de développement de notre pays ?
Eh ! bien il faut qu’il y ait une prise de conscience, le plus rapidement possible, et cette prise de conscience elle est urgente pour sauver le pays.
Reprenons-nous et mettons les personnes qu’il faut à la place qu’il faut »
Le journal toute l’info du pays…
Pour éviter de plonger dans la subjectivité et des jugements stéréotypés, le moment est arrivé d’éclairer l’opinion quant au bilan mythique de cet ancien ministre des Mines et membre du FCC/PPRD.

Tout compte fait, monsieur Willy Kitobo, chimiste de formation, qui parle dans son intervention de placer les personnes qu’il faut à la place qu’il faut, n’a pas du tout mérité d’être ministre national des Mines. Car, pendants ses 17 mois passés à la tête de ce grand ministère, il s’est comporté comme un ministre provincial des Mines du Haut-Katanga et Lualaba, avec des actions dirigées pour ses intérêts égoïstes et a négligé d’autres filières notamment : celles de diamant, de l’or et les 3T (Cassitérite, wolframite et Coltan), pour ne se pencher que sur la filière cupro-cobaltifère.
Une des questions fondamentales à se poser est celle d’évaluer les efforts fournis par cet ancien ministre des Mines dans le cadre de ses prérogatives concernant la mise en application de différentes innovations du code minier révisé en 2018 que l’opinion peut consulter à l’exposé des motifs du dit code.
Prenons par exemple le cas du développement communautaire et la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises minières et/ou des carrières.
La disposition relative à la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaire de l’entreprise minière d’exploitation ou de carrière, comme contribution au financement des projets de développement Socio-économiques des communautés affectées par les projets miniers et/ou de carrière, contenue à l’article 285 bis et octies, a souffert d’application pendant le règne de cet ancien ministre des Mines qui devait prendre, conjointement avec la ministre des Affaires Sociales de l’époque , un arrêté interministériel portant manuel des procédures, déterminant les attributions et les modalités de fonctionnement de l’organisme spécialisé chargé de gérer la dotation sus-évoquée.
Aussi, le même code révisé en son article 285 septies, parle du cahier des charges, qui se définit comme étant un ensemble d’engagements périodiques négociés et pris entre le titulaire de droit minier d’exploitation ou de l’autorisation d’exploitation des carrières permanentes et les communautés affectées par le projet minier ou de carrière permanente, pour la réalisation des projets de développement communautaire durable.
En tant que tel le cahier des charges est juridiquement à la fois un contrat et une obligation légale.
A ce jour, plusieurs entreprises susmentionnées n’ont pas encore signé le cahier des charges et l’on se demande quel a été l’apport de monsieur Willy Kitobo pour contraindre les opérateurs miniers et des carrières à appliquer cette disposition cruciale du code minier visant à réaliser les projets de développement convenus au profit des communautés locales affectées par les activités y relatives ?
Concernant la question de l’opérationnalisation du Fonds Miniers pour les générations futures, « FOMIN » institué aux termes des articles 8 alinéa 3 et 8 bis du code minier révisé.
Monsieur Willy Kitobo n’avait jamais soumis cette question à l’approbation du conseil des Ministres. Par ailleurs, il sied de révéler également à l’opinion que l’autorité de régulation et de contrôle de marché des substances minérales stratégiques « ARECOMS » dont il a fait allusion dans son intervention, n’a jamais également été soumis par lui-même à l’approbation du conseil des ministres (cfr : Rapport du Secrétariat Général du gouvernement relatif aux dossiers suspendus et non traités par le gouvernement sortant pour la continuité des actions gouvernementales).
Par contre, nous avons remarqué dans plusieurs correspondances, l’existence d’un Directeur Général de l’ARECOMS non encore nommé par le Président de la République que monsieur Willy Kitobo avait désigné en violation de la loi.
Pour appuyer mes propos, il convient de révéler quelques dossiers irréguliers sous le mandat de monsieur Willy Kitobo. Il s’agit de: –un
Moratoire d’exportation des concentrés accordé aux opérateurs miniers en violation des textes règlementaires ;
– Le retrait de Fonds à la caisse du CEEC sans qualité, dossier en pleine instruction par l’IGF ;
– un Moratoire frauduleux accordé au comptoir SAGA sur le renouvellement de son agrément avec non-paiement de la redevance et autres taxes portant ainsi un manque à gagner dans le compte du trésor public ;
– Plusieurs cas d’arrêtés irréguliers notamment sur l’octroi et le retrait des titres miniers ;
– Engagement de ses proches (cas de sa petite sœur Fanny Kitobo) à la cellule technique de coordination et planification pendant la période restrictive au mouvement du personnel ;
– Paiement des primes du cabinet aux personnes non concernées (Aviseurs).
A ce sujet, Mr Willy Kitobo devait faire bien de recherches pour mieux comprendre le rôle d’un Aviseur dans le cadre de la commission nationale de lutte contre la fraude minière. Il a d’ailleurs utilisé ces aviseurs comme Inspecteurs de ARECOMS. Quelle tricherie ?
Par conséquent, nous sollicitons l’audit par l’IGF de la gestion de la rubrique investissement de fond pour les services rendus à l’exportation des produits miniers DGDA, rétrocédé au cabinet du ministère des Mines sortant.
Des suspensions irrégulières et par complaisance du Directeur Général du Cadastre Minier et du Chef de Division de Géologie et Mines du Lualaba. Il y a lieu ici de rappeler que cet ancien Ministre en mission, s’était arrogé le pouvoir de suspendre le DG du CAMI en lieu et place du Ministre intérimaire de l’époque ;
– Mise en place des directeurs de l’administration centrale des Mines: il a permuté un Géologue de la Direction de Géologie pour la Direction de Métallurgie et un Métallurgiste de la Direction de carrières pour la Direction de Géologie.
Malgré cela, il prend le courage de se prononcer sur la question de »placer les personnes qu’il faut à la place qu’il faut » !
– Incapacité et complicité de procéder au déclanchement des procédures de déchéance de titres miniers aux détenteurs des droits miniers défaillants.
S’agissant des activités des entreprises du portefeuille de l’Etat du secteur minier, en l’occurrence le cas de la MIBA dont il a fait allusion, la question que je rétorque à cet ancien ministre est de savoir ce qu’il a fait des recommandations formulées lors d’une mission d’audit mixte Mines-CEEC à la Miba ?
De mon appréciation personnel
Au vu des quelques faits analysés précédemment, il y a lieu de noter que Mr Willy Kitobo n’est pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, comme il a prétendu le dire sur Top Congo. Par ailleurs, il fait des bruits pour être nommé mandataire, principalement comme Directeur Général au FOMIN, comme il l’a fait lors de sa compagne de vulgarisation du code minier révisé, mais sans prendre des actes concrets visant à appliquer les innovations y afférent.
Alain CIBUMBA CIBUMBA
Chef de Travaux à l’université de Kinshasa et Expert-Géologue au cabinet du Ministre des Mines sortant.
Rdc- politique : La sévère réplique de Alain CIBUMBA, Expert-Géologue, aux propos désobligeants de l’ancien ministre Willy Kitobo contre l’actuel leadership à la tête du ministère des Mines
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