Urgent, urgent-Mise en application de la  » Couverture sanitaire universelle », le Dr. Pierre Lokadi annonce les états généraux de la santé

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Le Chef de l’administration du ministère de la santé publique, le Dr. Pierre Lokadi Otete Opetha, secrétaire général de son état, a accordé une interview exclusive à votre média en ligne liberteplus.net, en rapport aux états généraux qu’organisent incessamment le ministère de la santé, hygiène et prévention, en vue de réguler ce secteur en prélude à la mise sur pied de la couverture sanitaire universelle, ce vaste programme initié par le Chef de l’État, son Excellence Félix Tshisekedi.
Dans ce projet, dit-il dans cet entretien, figurent les états généraux des ressources humaines et la réforme hospitalière qui comprend aussi celle des prestations de soins, y compris les problèmes relatifs au financement des secteurs de la santé.
Au mois de décembre de l’année en cours, poursuit-il, nous allons produire la révision de la couverture sanitaire et la question en rapport avec l’approvisionnement des médicaments. Un plan pour approvisionner 100 hôpitaux et 4700 centres de santé en médicaments et matériels est déjà sur la table.
Nous nous activons pour la mise en œuvre effective du programme de couverture sanitaire universelle à partir de 2022 et pour que la population sente ses effets bénéfiques.
Ci-dessous ses réponses à nos questions.
*Liberté Plus : Dites-nous, monsieur le secrétaire général, quelles sont les priorités de votre gouvernement en matière de santé publique en République démocratique du Congo?*
*Dr Pierre Lokadi*: Au niveau du gouvernement, il y a un Plan d’action du gouvernement appelé PAG. Dans ce plan, deux programmes importants relèvent du secteur de la santé, hygiène et Assainissement.
Il s’agit de la lutte et la gestion des endémies et des épidémies, tandis que la seconde porte sur la mise en application de la couverture sanitaire universelle.
*L.P.: Concretement, en quoi consiste la couverture sanitaire universelle?*
*Dr. P.L.*: La couverture sanitaire universelle signifie simplement que le chef de l’état veut voir chaque congolais avoir accès aux soins de santé de qualité.
*L.P. : Alors, quels sont les mécanismes prévus à cet effet ?*
Dr L.P: Au niveau du ministère, nous avons commencé par établir les enjeux et les défis à surmonter pour réaliser les deux missions susdites. En premier lieu, nous avons fait une analyse sur le fonctionnement du système actuel. Ceci nous amene à verrouiller la question des ressources humaines, parce qu’il y a un surplus des ressources humaines dans le secteur de la santé. Ce dépassement est le résultat des affectations désordonnées tant au niveau des provinces qu’au niveau central. Mais, ce sont surtout les affectations réalisées par les gouvernements provinciaux qui ne respectent pas le cadre organique. Conséquence, vous trouverez dans certains hôpitaux que le nombre des médecins, infirmiers et administratifs dépasse la barre requise. Il y a plus de médecins que des malades. Et ça nous met dans une situation inconfortable. Pendant que le budget est arrêté pour une année, les affectations, elles, se font chaque jour. En conséquence, il y a beaucoup de nouvelles unités (N.U) non payées, à la base des tensions diverses et des grèves.
*L.P. : Quelles sont alors les solutions preconisées par le gouvernement ?*
*Dr P.L.*: En ce qui concerne les ressources humaines, il est prévu des états généraux de la santé au cours desquels nous allons nous mettre ensemble, c’est-à-dire les gouvernements provinciaux, le gouvernement central et les partenaires pour harmoniser tous les problèmes relevant des ressources humaines, prendre des résolutions et des recommandations opposables à tous.
*L.P.: A quand est prévue cette activité ?*
*Dr P.L.*: Nous avons défini les termes de référence et nous allons réaliser ces états généraux au courant de ce mois de novembre.
*L.P.*: monsieur le secrétaire général, une question qui défraie la chronique dans le secteur de la santé demeure la suppression de la faculté de médecine dans certains établissements d’enseignement supérieur initiée par le ministre de la santé. Êtes-vous d’accord avec lui ?
*Dr P.L.*: Effectivement oui. Je venais de vous dire que le secteur de la santé connaît un sérieux problème aussi bien de la qualité que de surproduction des ressources humaines. Vous devez savoir que former un médecin et former un juriste, par exemple, est tout à fait différent. Un jusriste peut se tromper et revenir sur ce qu’il avait dit, mais c’est tout le contraire chez nous en médecine; l’erreur est fatale, car, c’est la vie d’un individu qui en pâti. C’est pourquoi dans tous les pays au monde, on est très rigoureux concernant la formation des médecins. Ici, on a exagéré et le nombre des médecins est effarant. Et on se demande où ils vont tous travailler ? La conséquence aujourd’hui, vous avez 5 médecins pour un lit; cela n’existe nulle part au monde. Je suis donc tout à fait d’accord avec la mesure prise par le ministre de l’ESU. C’est pour l’intérêt de la population.
*L.P.*: Puisque vous parler de l’intérêt de la population, il y a également cette situation des centres de santé privés qui naissent du jour au jour comme des champignons à travers le pays, plus principalement à Kinshasa, qui parfois, ne respectent pas les normes en la matière ? Les états généraux vont-ils en parler?
*Dr P.L.*: Nous y travaillons sérieusement. Dans la ville de Kinshasa, nous avons 80% des structures privées dont la plupart détiennent des autorisations d’ouverture délivrées par les bourgmestres. Nous allons donc travailler avec les autorités de la ville de Kinshasa pour contrôler toutes ces structures. Nous allons utiliser les étudiants en médecine pour parfaire cet exercice. Nous sommes déterminés avec le ministre pour mettre de l’ordre dans ce secteur. Grâce au financement déjà mobilisé, nous avons saisi la direction générale d’organisation des services de santé et des soins et la direction centrale des établissements des soins pour préparer un document y afférent.
*L.P.: Nous sommes à la fin de notre entretien. Quel est vôtre dernier mot?*
Le Chef de l’état a pris une option : la couverture sanitaire universelle. Au secteur de la santé, notre travaillons pour créer les conditions d’accès aux soins de santé à tous. C’est pourquoi, nous nous attelons sur les ressources humaines, sur les structures elles-mêmes puis sur le système d’approvisionnement en médicaments. Car, on ne peut pas parler des soins ou des prestations de service de santé sans parler des médicaments. Donc, les médicaments doivent retrouver leur place qui est le Centre de santé et l’hôpital.
Aujourd’hui, si vous vous rendez dans un hôpital, il n’y a que des ordonnances qui sont remises aux patients et des documents administratifs qu’on vous donne, faute d’un système de distribution adéquate des médicaments, depuis le démantelement du Dépôt Central des produits Médicaux et Pharmaceutiques(DCMP), structure qui approvisionnait les structures sanitaires publiques en médicaments, intrants spécifiques et consommables. Dès lors, nous sommes tenus de remettre en service et d’informatiser le système d’approvisionnement en médicaments. C’est pourquoi, je dois vous le dire, nous sommes en justice avec la société qui avait signé en 2006 une convention avec l’état congolais ayant trait à l’approvisionnement en médicaments. Car, cette convention n’a jamais fonctionné. Au contraire, on a détruit les immeubles de DCMP et les matériels qui étaient là. Nous devons absolument récupérer ces entrepôts en vue de créer l’agence nationale d’approvisionnement en médicaments pour rendre disponibles les médicaments dans les structures indiquées afin que la couverture sanitaire soit effective. Il y a aussi la question de financement. Depuis l’application de la décision d’orienter les recettes des hôpitaux à la paye des primes et honoraires des médecins, le fonctionnement des hôpitaux est devenu très difficile. Nous allons nous investir pour installer les comptables dans chaque hôpital afin que les recettes réalisées rentrent dans le trésor public comme ce fut dans le temps et ensuite mettre à la disposition des services sanitaires des fonds publics qu’ils vont utiliser pour leur fonctionnement. Car, aujourd’hui, nos hôpitaux sont presque tous en faillite à cause des mesures prises à l’époque.
Propos recueillis par Hervé Mulumba
Liberté Plus

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