C’est au cours d’une interview exclusive accordée à LIBERTÉ PLUS, le week-end, que Joseph Bulabula, membre et communicateur du parti au pouvoir, l’Union Pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS en sigle, s’est exprimé à cœur ouvert sur les questions brûlantes de l’heure, notamment en rapport avec « le forum sur la paix et la réconciliation des Katangais ».

LIBERTÉ PLUS : Quelle analyse faites-vous autour du forum de réconciliation des
Katangais convoqué par un prélat catholique, en l’occurrence, monseigneur Fulgence Muteba ?
Joseph Bulabula :
Mon analyse est que certaines personnes se réclamant de l’espace Grand-Katanga veut récupérer, d’une manière ou d’une autre, le pouvoir qu’il prétend avoir perdu.
Au fait, la perte de la commande de la République par un prétendu Katangais avait, selon nos sources, provoqué remords et grincement des dents dans le chef de beaucoup des leaders Katangais qui voulaient à tout prix conserver le pouvoir.
Convaincu que le sort de Joseph Kabila pour les élections de 2023 est scellé pour les scrutins de 2023 au regard de la Constitution, le laboratoire politique d’Ensemble pour la République a imaginé comment avoir Joseph Kabila derrière Moïse Katumbi. C’est ainsi qu’une réconciliation de ces deux leaders a été organisée; il ne s’agit en réalité pas d’un forum qui concernait tous les katangais, mais la cible de cette démarche était Joseph Kabila. Ayant financé ces accises, le laboratoire d’ensemble pour la République avait chargé monseigneur Fulgence Muteba d’exécuter à bon escient la mission de « réconciliation » afin de mettre en avant plan la personne de Moïse Katumbi, et maximiser ainsi les chances «des Katangais» aux présidentielles de 2023.
L.P. : Dans son adresse à ses partisans, Joseph Kabila a indiqué qu’ils n’étaient pas venus pour la réconciliation, mais plutôt pour l’unité du Katanga. Quelle lecture faites-vous sur cette affirmation ?
J.B. : La réalité est que Mr. Fulgence Muteba a réussi son coup. Car, dans l’opinion katangaise, le fait de voir Joseph Kabila et Moïse Katumbi se saluer ravive la flamme de l’unité entre leurs fans. Parler de l’unité et non de la réconciliation, à mon avis, ne signifie pas qu’il n’y a pas eu entente entre les deux leaders. Parce qu’il est difficile de promouvoir l’unité s’il n’y a pas l’amour, le pardon, la compréhension, le vivre ensemble et consorts. Joseph Kabila a voulu simplement dire que l’unité est plus importante que la réconciliation bien que cette unité passe par ladite réconciliation. Car, vous le savez, Moïse Katumbi a passé près de 8 ans en disgrâce auprès de Joseph Kabila.
L.P. : Dans leurs résolutions, les participants réclament le fédéralisme pour l’espace grand katanga. Pensez-vous vraiment que c’est le moment d’adopter une telle résolution ?
J.B. : La Constitution de la République consacre l’unité nationale. Penser au fédéralisme, dans les circonstances actuelles, c’est mettre en péril cette unité nationale et il y a risque de remettre à la surface le débat sur la sécession katangaise.
Nous sommes sans oublier que les leaders de l’espace grand katanga, dans son ancienne configuration, ont toujours voulu proclamer leur propre République, dans l’objectif primordial de priver le pouvoir central des richesses minières que recèle cette région(grand katanga) pour jouir d’une gestion autonome de leurs richesses. Accepté cette idée pousserait d’autres provinces à leur emboiter le pas et nous serons partis pour la division, voir la balkanisation du pays.
Personnellement, je suis contre l’option du fédéralisme dans n’importe quelle Province, car sans aucun doute, l’aboutissement du fédéralisme va logiquement nous conduire au séparatisme dans notre pays.
L.P. : Qu’avez-vous ressenti en voyant Moïse Katumbi et Joseph Kabila s’embrasser et se laver les mains à tour de rôle pour immortaliser leur réconciliation ?
J.B. : C’est un complot contre la République pour ceux qui mangent avec nous. Le remaniement doit être imminent et obligatoire, surtout à l’endroit de certains maires de villes et ministres. il est urgent de révisiter tous ceux qui exercent la charge de bourgmestres et les maires de ville.
Le forum de la réconciliation pour les uns (Camp KATUMBI) et l’unité pour les autres (Camp Kabila), a été transformé en une messe noire pour nuire à la nation.
C’est ce qui a fait qu’au fil des discussions, la question sur le découpage ressurgisse.
L.P. : Avez-vous un mot de la fin ?
J.B. : Dans la vie, il ne faut jamais aider un traître. À force de chercher à devenir président de la République, Moïse Katumbi a accepté de s’allier avec son bourreau d’hier pour combattre celui qui l’a ramené au pays. Quelle ingratitude ! Qu’il quitte le gouvernement où il détient 6 postes au lieu de continuer dans l’hypocrisie, a-t-il conclu.
Propos recueillis par Liberté PLUS