Le comportement affiché par le DG du BCECO, monsieur Jean Mabi Mulumba à l’endroit de l’Inspection Générale des Finances et la cour de comptes met en lumière les méthodes rétrogrades décriées par le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi qui, depuis son accession au pouvoir, a mis en place des mécanismes susceptibles de stopper les antivaleurs dûs notamment aux coulages des recettes de l’état ainsi que les détournements devenus monnaie courante, particulièrement dans les régimes antérieurs.
L’affaire qui vient d’éclabousser cet économiste chevronné en la personne de Jean Mabi Mulumba, directeur général du bureau de coordination, BCECO en sigle, porte sur un trafic d’influence orchestré par lui pour se disculper du contrôle de l’Inspection Générale des Finances (IGF) au sein de sa structure.
Spécialiste de la gouvernance à la banque Mondiale et nommé récemment DG du Bureau Centrale de Coordination, BCECO en sigle, monsieur Jean Mabi Mulumba n’a pas du tout joué franc jeu avec l’IGF.
Non seulement que ce dernier a fait obstruction à la patrouille financière (contrôle à priori) de l’Inspection Générale des Finances ( IGF), mais a également menti à la République que sa structure, le BCECO, a déjà été soumis au contrôle de la Cour des comptes, et par ricochet, n’est susceptible d’un autre contrôle de la part de l’IGF.
Malheureusement, les choses ont mal tourné pour le patron de la BCECO lorsque quelques heures plus tard, le Premier Président de la cour des Comptes, monsieur Jimmy Munganga est monté au créneau pour rejeter en bloc les propos grotesques de Monsieur Jean Mabi Mulumba ayant tenté de mêler sa juridiction dans un contrôle au BCECO qu’il n’a jamais diligenté.
C’est ainsi qu’à travers une correspondance rendue publique le 17 juillet, monsieur Munganga a adressé une sévère mise en garde au Directeur Général du Bureau Central de Coordination (BCECO), monsieur Jean Mabi Mulumba ainsi qu’au Gouverneur du Kasai-Oriental SE Matthias Kabeya Matshi Abidi pour leur attitude tendant à s’opposer au contrôle financier des inspecteurs de l’IGF autour de l’exécution du Programme de Développement local à la base dans les 145 Territoires au Kasaï Oriental, sous prétexte que tous ces projets ont déjà été passés au crible par la Cour des comptes. Ce qui est totalement faux!
Pour Jimmy Munganga, un tel comportement frise la volonté manifeste d’éviter de s’acquitter du devoir sacré de redevabilité.
» Il n’appartient pas à un responsable d’une entité auditée de se prévaloir de la préséance de la Cour des comptes sur tous les autres organes de contrôle des finances et des biens publics. Pareille attitude, pour le moins maladroite, doit être interprétée et comprise comme une volonté manifeste d’échapper au contrôle et d’éviter, par ce fait, de s’acquitter du devoir sacré de redevabilité en tant qu’agent public », a fait savoir le Premier président de la cour de Comptes.
Par la même occasion, monsieur Jimmy Munganga instruit au DG de la BCECO de retirer dans l’immédiat sa note d’information adressée aux chefs d’antennes de son bureau au Kasaï-Oriental.
» Tirant ainsi toutes les conséquences de ce qui précède et tenant compte de l’importance des dépenses publiques engagées dans le cadre du Programme de développement local de 145 territoires ainsi que d’énormes risques inhérents à leur gestion, je vous enjoins instamment de retirer votre note d’information adressée aux chefs d’antennes du BCECO, et de déférer à tout contrôle diligenté dans ce contexte », a-t-il recommandé.
Revenant sur la note du DG Jean Mabi Mulumba, faisant état d’une instruction qui serait ouverte par la cour de Comptes relative au programme du développement de 145 territoires et dont il tire prétexte pour demander à tous les chefs d’antennes d’en faire large diffusion auprès des agences locales d’exécution (AELE), de toutes les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et de tous les ingénieurs à pied d’œuvre (IPO) de leurs ressorts, monsieur Jimmy fait cette mise au point :
» La cour des Comptes n’a jusqu’ici diligentée aucun contrôle sur l’exécution du Programme de développement local de 145 territoires. Toute mission de la cour des Comptes commence par la signature d’un ordre de mission par son Premier Président sur base de l’article 198 de sa loi organique; ce qui n’est pas le cas en l’espèce. Une quelconque demande d’information émanant du Parquet près la cour des Comptes n’équivaut à une mission de la cour de Comptes, pour tenir tout autre contrôle en état, en application de l’article 38 alinea 1 de la loi organique susvisée », a souligné
Jimmy Munganga.
Notons que dans sa note circulaire qui frise une rébellion datant du 14 juin, le Directeur Général de la BCECO, Jean Mabi Mulumba avait instruit les chefs d’antennes que : » les dossiers relatifs au Programme de développement local des 145 territoires pour la zone gérée par le BCECO sont en instruction auprès de la Cour des comptes. De ce fait, avance-t-il, la Cour des Comptes étant une juridiction supérieure, aucun autre service ne peut procéder au contrôle sur les dossiers en instruction »; un véritable échappatoire pour éviter le contrôle financier de l’Inspection Générale des Finances, affirment les observateurs avertis.
Apparemment, il est aussi certain que cette missive du professeur Mabi Mulumba n’est qu’un arbre qui cache la forêt et ce n’est plus pour longtemps que la boîte à Pandore va livrer son secret.
Qui vivra, verra !
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