Comme vous le savez, les pays de l’axe France-Afrique font face à des coups d’état successifs pour des raisons très variées. Certains pour conquérir leur indépendance économique, pendant que d’autres font la part belle à la France que certains observateurs considèrent, à tort ou à raison, comme commanditaire de ces actes.
La fin justifiant les moyens, les putshs initiés par les militaires demeurent l’unique moyen pour parvenir à leur but. Il en a été le cas au Mali, au Burkina Faso et tout récemment au Niger. Apparemment, les raisons évoquées demeurent les mêmes : dictature, gestion calamiteuse, élections chaotiques et j’en passe, des pires.
Selon plusieurs observateurs, l’objectif majeur des putshistes vise à mettre un terme au dictat néocolonialiste occidental, perpétué par des africains eux-mêmes, servant de valets à leurs maîtres à penser situés au Nord. Pour les premiers, la manne made in Africa va bientôt cesser de tomber dans le panier de la France.

D’autres, par contre, estiment qu’il s’agit plutôt d’un échec personnel d’Emmanuel Macron qui n’a pas pu maintenir la flamme d’une coopération avantageuse entre son pays et les nations africaines, jadis colonies françaises. Décidément, il n’a pas su adapter la situation aux circonstances présentes, surtout avec l’entrée en scène de la Russie ayant mis son doigt dans l’œil de l’occident, en attaquant de front l’Ukraine. Une situation qui risque de peser lourd sur les ressources de la France dont le PNB pourrait connaître une chute vertigineuse, même si tel qu’on le fait croire que l’apport des pays de l’ancienne colonie française d’Afrique représente moins de 6% du budget de la France.
Qu’à cela ne tienne, il serait aléatoire d’imaginer que cet état des choses ne puisse impacter négativement les relations France-Afrique, qui jusque là mettait la France en pôle position et ses anciennes colonies en celle des dominés, gérées par des vasseaux, prêts à répondre favorablement à la volonté de la mère patrie qu’est la France.
Et comme si cela ne suffisait pas, le Gabon est entré en dance. La réaction d’Ali Bongo en s’adressant à l’opinion en anglais, démontre le contraste qui apparaît entre les deux parties, à savoir : la France et le pouvoir déchu d’Ali Bongo. Pour certains, la France se bat, malgré elle, en faisant un combat d’arrière garde, en vue de ne pas complètement perdre l’Afrique et avoir continuellement un mot à dire dans la gestion de ses anciennes colonies. Certains observateurs estiment que le rôle de la France a cessé d’être ce pourvoyeur d’hommes à la tête de ses anciennes colonies. En définitive, le courant ne passe plus ou plutôt moins bien comme par le passé. Les ordres sont de plus en plus mal compris ou mieux, mal exécutés.
Le surplace observé dans la plupart de ces pays font réfléchir leurs populations qui, à tort ou à raison, incriminent la France d’être à la base du statu quo observé dans le chef de leurs dirigeants. L’attitude développé par Ali Bongo, incriminant l’ancienne junte militaire du Niger ayant été déchue prouve à suffisance qu’il existe un couac dans la perception des choses par les deux parties.
En effet, pour Ali Bongo, le coup d’état opéré par la nouvelle junte militaire au Niger était prévisible, tandis que l’ancienne équipe ne peut plus prétendre rentrer au pouvoir. Malheureusement pour lui, c’était sans compter avec la hargne que cela a provoqué en France qui, jusqu’à ce jour essaye de peaufiner des stratégies pour intervenir militairement, même à travers la CEDEAO dont les avis sont partagés quant aux moyens susceptibles d’être mis en musique pour étouffer cette propension à lui ravir la viande dans la bouche. À ce propos, certaines langues se délient pour accuser la France d’être derrière le coup fourré de Libreville.
Dans la perspective de voir la majeure partie des anciennes colonies françaises se désolidariser de leur tutelle, avec à terme de quitter la zone CFA qui constitue le symbole de vassalisation et d’arrêter de fournir à la France sa place privilégiée, à quel sort le pays de Macron est-il voué ? L’avenir nous le dira.
Cependant, nous ne pouvons pas clore notre chronique sans faire allusion à la comparaison soulevée en titre entre le Gabon et la RDC que certaines personnes, dans leurs analyses, essayent de mettre au même diapason avec le pouvoir d’Ali Bongo.
Loin s’en faut rétorque plus d’un observateur sincère qui ne manque pas dans notre continent. Car, affirment ils sans désemparer, la RDC baigne depuis une décennie dans une démocratie pluraliste qui, finalement, a conduit en 2019 à l’avénement d’un opposant au pouvoir, en la personne de Félix Tshisekedi, après les élections de 2018, desquelles il a été sacré vainqueur.
En tant que démocrate rompu et dans sa quête de construire un état de droit, Félix ne ménage aucun effort pour assurer une démocratie à l’américaine où chaque congolais est libre d’adhérer au parti de son choix, sans discrimination aucune, ni de race, ni de tribu, moins encore de langue, comme certains essayent de le soutenir. La liberté d’expression est garantie tant dans les réseaux sociaux qu’à la télévision et à la radio. La critique acerbe de certains opposants fait, malheureusement, bon ménage avec les insultes, parfois sans pudeur aucune à l’endroit du chef de l’État Félix-Antoine TSHISEKEDI.
Ce dernier, pour manifester la libre expression qu’il incarne, a menacé le Gouverneur de la province de l’équateur (Tshuapa) ayant arrêté des compatriotes qui parlaient mal de lui: « je n’ai jamais arrêté personne à Kinshasa pour m’avoir insulté. De quel droit vas-tu le faire ici, avait-il reproché au gouverneur zélé.
Et, le peuple considéré comme le dernier rempart de ceux qui se battent pour son développement, manifeste des signes avant-coureurs plutôt favorables à un second mandat pour Félix Tshisekedi. Ce qui corrobore l’adage qui affirme que »mieux vaut un démon que l’on connaît qu’un ange d’apparence sainte, mais dont on ne connait ni le but ni les visées qu’il poursuit en se débattant comme un diable dans un bénitier, avec des paroles mirobolantes, pour conquérir, coûte que coûte, le pouvoir d’état en RDC.
Dès lors, il y a là une marge assez remarquable entre le pouvoir d’Ali Bongo et celui de Félix Tshisekedi qui gère le pays en toute transparence, appliquant une politique de proximité qui touche toute la population à la base, à travers son Programme de Développement PDL de145 Territoires.
D’où, parler du Gabon et de la RDC, c’est la nuit et le jour.
Hervé Mulumba,
DG de Liberté Plus