En 2017 déjà, DANIEL MWANA-NTEBA, 1er Secrétaire National du Parti Socialiste(P.S), avait vu juste. Cette interview TTC réalisée en 2017 par votre média en ligne, Liberté Plus, reste d’actualité !
Lisez vous-mêmes!
L’actualité politique en RDC est également dominée par l’annonce de la candidature du Docteur Denis Mukwege à la Présidence de la République de » la Transition sans Kabila » qui doit normalement être mise sur pied après le 31 décembre 2017. Car, cette date marque la fin de la transition d’une année prevue dans l’accord de la Cenco.
Denis Mukwege est médecin Gynécologue et ex-directeur de l’hôpital de Panzi, spécialisé dans la prise en charge des femmes victimes des viols dans l’Est de la RDC et souffrant de la fistule. Les publications de notre consœur belge Collette Braeckman, notamment, « Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes », ont fait de ce médecin un homme célèbre qui a bénéficié de plusieurs prix internationaux. Depuis, l’homme est devenu hostile au pouvoir de Kinshasa. Pour lui, en effet, les viols des femmes dans l’Est sont accomplis avec une certaine complicité du régime en place.

Si Martin Fayulu de l’Ecidé soutient la candidature de Denis Mukwege, le surnommant même « Lionel Messie » pour affirmer que c’est le candidat idéal pour la transition sans Kabila, Daniel Mwana-Nteba du Parti Socialiste pense autrement et pousse des arguments très pertinents pour appuyer sa position, dans une interview qu’il a accordée à Liberté plus le 10 Septembre 2017 dont l’intégralité de la seconde partie vous est proposée ci-dessous.
En attendant, voici ce que Daniel Mwana-Nteba pense du Docteur Denis Mukwege(extrait choisi).
LIBERTE PLUS: À vous entendre parler, on a l’impression que vous soutenez désormais l’idée d’une ‘’Transition sans Kabila’’. Dans ce contexte, Denis Mukwege se présente déjà comme un acteur majeur pour gérer cette transition. Comment avez-vous accueilli l’annonce de sa candidature ?
DANIEL MWANA-NTEBA : Si j’avais l’assurance que Denis Mukwege était un homme politique, je répondrai que c’est tout à fait légitime lorsqu’on est politique d’avoir de si hautes ambitions. Mais, force m’est donnée de constater que Denis Mukwege est avant tout un médecin. En tant que tel, il fait partie de la Société Civile. Et, je ne sais pas si ses ambitions cadrent avec l’intérêt de ses patients ou de la République toute entière.
Je pense que c’est aller trop vite en besogne que de se déclarer directement prêt à conduire une Transition qui devait être gérée par des politiques !
Est-il sûr une fois dedans d’être en mesure de gérer et de canaliser les énergies, les caprices et les coups tordus de ces politiciens ? Je ne pense pas qu’il en soit capable!
Par ailleurs, je crois, à mon sens, que le combat que mène le Docteur Denis MUKWEGE est un combat très louable politiquement parlant puisqu’il a le courage de dénoncer les dérives totalitaires de ce régime. Il a pris le courage de mettre le doigt sur ce qui ne va pas. Mais j’estime, à mon humble avis, que « PANZI a plus besoin de lui de manière immédiate que la RDC », parce que là où il y a d’autres politiques qui pourraient jouer le rôle que lui veut jouer, il y a très peu de médecins, par contre, qui pourraient jouer le rôle qu’il joue actuellement. Donc, je crois qu’il faut rendre à « César ce qui est à César et rendre à Dieu ce qui est à Dieu ».
J’ai vu les photos de Denis MUKWEGE avec le président Français Emmanuel Macron. J’étais désagréablement surpris. Sauf qu’en y faisant un peu plus attention, entre les deux personnalités, il y avait Jacques Attali. Pour ceux qui ne connaissent pas Jacques Attali, je leur demande de se documenter pour savoir à quel genre d’hommes nous avons à faire. Quelqu’un que j’admire bien sûr, mais par rapport à la politique africaine, je ne pense pas que Jacques Attali soit un bon choix. Et, la présence de Jacques Attali m’a fait douter de l’innocence du combat et des contacts du Docteur Denis Mukwege. N’oublions pas qu’aujourd’hui, nous voulons faire partir ce régime qui a été très longtemps à la merci, à la botte de l’occident, avant que le même occident soit lui-même dépassé et déphasé totalement. Je ne voudrais pas que le départ de KABILA se limite à déshabiller Saint Paul pour habiller Saint-Pierre. Je crois qu’au-delà de l’alternance ou du départ de Joseph Kabila, nous devons vraiment œuvrer pour le changement. Le vrai changement passe par des personnes qui maitrisent vraiment les rouages politiques. Sinon, nous risquons de courir le danger de voir une fois de plus notre pays être dirigé ou piloté de l’extérieur.
Liberté PLUS
Extrait de l’interview de monsieur Daniel Muana Nteba à Liberté Plus en septembre 2017.
Liberté Plus