Dans une interview qu’il a bien voulu accorder à votre média en ligne, Liberté Plus, le professeur Raphaël Matamba, Directeur Général de la Cellule Technique de Coordination et Planification Minière, CTCPM, en sigle, a dévoilé la stratégie assez singulière soutenue par la vision du Président de la République Son Excellence Monsieur Félix Tshisekedi pour exploiter à bon escient les Mines et pourquoi pas perpétuer »cette manne que Dieu nous a donnée », en orientant les revenus de nos ressources minérales, limitées en quantité, vers des opportunités pérennes susceptibles de profiter largement aux générations futures.
Créée depuis 45 ans, cette structure comme tant d’autres ont fonctionné sans aucun impact dans la gestion de l’État. La confection des contrats léonins en grand nombre dans ce secteur prouvent à suffisance la non implication de cette structure qui aurait évité des scandales ayant servis qu’aux intérêts des multinationales. Suivez ci-dessous les propos d’un ingénieur des mines qui, déjà ici, donne les lignes maîtresses de l’action qu’il va mener afin de garantir une gestion efficiente de nos minérais dans le cadre du développement durable en faveur de notre pays aujourd’hui et demain.
Liberté plus: Bonjour Professeur Docteur Raphaël Matamba.
L.B.: Liberté Plus est heureuse de parler de vous dans ses colonnes. Quelles sont vos impressions ?
Professeur Raphaël Matamba : je suis également content de répondre à vos préoccupations.
L.B.: Vous êtes à la tête de la cellule technique de coordination et de planification minière, est-ce que vous pouvez nous parler de votre structure ?
P.R.M. : La cellule de coordination et de planification minière, CTCPM en sigle, est un organe technique du ministère des mines qui se charge de définir des politiques, des stratégies qui visent à l’optimisation de l’exploitation de nos ressources minérales à travers le pays.
L.B : Vous êtes arrivé ici il y a pas longtemps, comment avez-vous trouvé la structure ?
P.R.M. : La structure fonctionnait avec ses difficultés, c’est-à-dire: ses forces et ses faiblesses comme toutes les structures de l’Etat ou privées.
Cependant,on a vite regardé la partie faiblesse, nous avons constaté qu’il manque cruellement des experts du domaine capables d’aider la cellule à assurer les activités telles que la planification minière, la coordination de prise d’activités, l’harmonisation et tout ce qu’il y a comme programme minier. C’est ainsi qu’on a vu que pour que ça fonctionne correctement, il faudra se pencher une expertise avérée et la faire jouer son rôle qui est celui de la coordination de toutes les activités minières sur le territoire nationale.
L.B. : Est-ce que vous êtes d’avis avec ceux qui pensent qu’aujourd’hui, on doit plus parler de l’agriculture que de nos ressources minières ?
P.R.M. : Effectivement oui, d’abord le chef de l’État l’avait dit ; »la revenche du sol sur le sous sol ».Ce que les gens doivent comprendre est que, les ressources minérales sont épuisables. Ce n’est pas comme une plante, un manguier pour dire que cette saison j’ai des mangues puis à un moment ça se termine et ça revient; pas du tout. Les ressources minérales sont des quantités qui sont situées dans le sous-sol; c’est pourquoi on les évalue. Et, dès qu’elles sont extraites, valorisées et vendues, ça ne pousse pas. C’est-à-dire que lorsque toutes nos réserves sont certifiées et qu’on a des quantités, d’ici un siècle ou deux, il n’y aura plus rien.Il y a beaucoup de pays aussi qui étaient riches avec des ressources minérales mais après exploitation, il n’y a plus rien dans leur sous-sol. C’est la même chose avec le pétrole qui constitue une ressource épuisable. C’est ainsi que les pays tels que les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite savent dans quelques siècles ils n’auront plus les gisements qu’ils ont actuellement, ils ont entrepris de diversifier les activités en terme de leur croissance économique. C’est pourquoi le chef de l’État a dit qu’ayant d’autres potentialités hormis les mines, on peut aussi investir dans d’autres secteurs vitaux dont celui de l’agriculture pour maintenir le cap, en sorte que même quand on aura plus ces ressources, ces métaux comme le cobalt qui rentrent dans beaucoup d’applications, le coltan et tout, qu’on soit en mesure de maintenir le niveau de vie d’un pays qui a eu à détenir ces ressources minérales. C’est je pense ce qui est à la base de l’ordonnance prise par le chef de l’État, Félix Antoine TSHISEKEDI créant le fonds minier pou les générations futures, pour dire qu’on ne peut pas tout consommer maintenant et laisser les générations futures dans un cercle en leur disant qu’on avait des ressources minières, de l’or, du diamant. Non, maintenant il y a de l’argent qui est mis de côté pour financer également des projets de développement pour, qu’a long terme, que le pays soit en mesure de répondre aux besoins de la population comme on le fait déjà maintenant. C’est ça même le principe du développement durable qui prône la résolution des problèmes d’aujourd’hui de façon que les générations futures puissent aussi résoudre leurs problèmes en ayant aussi bénéficié de cette mane que Dieu nous a dotée. Donc, au Congo nous ne sommes pas les seuls à en profiter. Car, il y a ceux qui nous ont précédé et nous également nous passerons. Mais on ne doit pas tout épuiser parceque c’est épuisable. Maintenant, il faut qu’on trouve des mécanismes pour que ça dure longtemps. Ça peut durer longtemps si on jette un regard dans d’autres secteurs.
L.B. : Est-ce que la cellule a produit un document déterminant le programme ou la planification dans le secteur de mines. Autrement dit, sur base de quel document vous travaillez ou encore quel est votre repère ?
P.R.M. : On a déjà 9 départements pour chaque secteur. il y a tout un département qui s’occupe de la recherche des techniques minières, il y a un département pour des études métallurgiques, d’intégration industrielle…, alors chaque département a son plan d’action ou un programme d’activités qui est élaboré en fonction de tout ce que nous avons comme défis au niveau du secteur minier, c’est-à-dire de la recherche géologique des gisements, extraction des minerais, traitement des minerais, la minéralogie, la métallurgie jusqu’au niveau de la commercialisation soit l’exportation ou encore la vente.On a les départements qui balayent toute la chaîne du début jusqu’à la fin et pour chaque département il y a un programme d’activités qu’il définit chaque année.
L.B. : Nous sommes arrivés pratiquement à la fin de cette interview. Qu’est-ce que vous pouvez dire à ceux qui vous liront à travers notre média concernant votre structure que nous appelons cellule technique de coordination et de planification minière ?
P.R.M. : Je peux leur dire que c’est une grande cellule qui résout pas mal des problèmes qui couvrent le secteur minier. Et, il faut rappeler aux lecteurs de Liberté Plus que ce n’est pas une cellule qui a été créée hier ou avant-hier, c’est une cellule qui a 45 ans d’âge qui a été créée en 1978. Et, à l’époque, il n’y avait pas encore des entreprises minières privées hormis la GECAMINES, la MIBA, Kilo-Moto qui étaient comme des entreprises de l’État et déjà qu’il y avait de sérieux problèmes en terme de gestion de l’information minière, il y avait une lourdeur administrative et c’est pourquoi on avait créé une cellule technique au niveau national pour se pencher sur tous les problèmes qui concernaient ce secteur minier, les cerner et puis trouver des solutions pour que l’exploitation minière soit beaucoup plus optimisée. Là, c’est dans les années 80. Et aujourd’hui avec tout ce qu’il y a comme boom minier, avec ce qu’on a comme métaux recherchés partout, il y a beaucoup d’entreprises minières qui sont là; ce qui signifie que maintenant les problèmes sont énormes. Alors le CTCPM joue un rôle central, c’est le cerveau même du ministère des Mines, parceque tout ce qu’il y a comme activité, tout ce qu’il y a comme arrêté, tout ce qu’il y a comme problème, passe par ici avant que son excellence le Président de la République puisse décider.
L.B. : Puisque vous parlez des entreprises, il y a un contrat qui fait la une de l’actualité; le fameux contrat chinois qui est à la base de la création de la sicomines. Quelles sont les dispositions que vous avez prises pour éviter ces genres de monstruosités ne reviennent plus dans les contrats que le gouvernement va signer plus tard avec d’autres entreprises ?
P.R.M.: C’est déjà là un problème. Cependant, il n’y a pas longtemps, cette année même, le chef de l’État lui-même s’était déplacé en Chine pour la revisitation de ce contrat. Alors, toutes les dispositions sont prises pour que dans pareil contrat, que l’État congolais gagne et que nos partenaires chinois gagnent aussi. Dès lors, des contrats qui privilégient les intérêts des autres au détriment de la RDC, le chef de l’État a martelé là dessus en disant que nous devons être dans des partenariats gagnant-gagnant; ce qui veut dire qu’on doit voir que la Rdc profiter de ses ressources. D’ailleurs, il y a déjà même au niveau local dans notre département des recherches de techniques minières, il y a deux experts qui siègent à la commission SICOMINES à présidence de la République. Nous sommes dans beaucoup des commissions ici, à la présidence, à la primature, partout où il est question de mines.
L.B. :Vous regrettez quand même les actes commis par vos prédécesseurs ?
P.R.M. : Entre autres oui, tout le monde le sait, il y a eu des contrats qui ont été très mal signés qui ne profitaient pas vraiment au pays, mais qui profitaient à des individus qui se sont enrichis; donc, nos ressources minérales ont été bradées. Mais avec l’avènement de ce régime, avec le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, c’est fait désormais différemment en sorte que la Rdc profite véritablement de ses ressources. Parceque dans le passé ce n’était pas vraiment des contrats signés dans l’intérêt du pays mais celui des individus. Et aujourd’hui, je pense que tout est bien fait et regardé minutieusement de sorte que chaque contrat qui est signé puisse profiter réellement à la population congolaise. Aujourd’hui, il n’y a plus problème de ce côté. Et les contrats mal signés ne vont plus exister grâce au régime du président Félix Tshisekedi.
L.B. : De là à conclure que le chef de l’État a fait un choix judicieux en vous nommant, le Professeur Docteur Raphaël Matamba à la tête de cette cellule ?
P.R.M. : Oui, je suis à la base ingénieur civil des mines; ça signifie que je ne suis pas étranger au secteur minier, je connais bien ce secteur. Alors, je pense que c’est la bonne chose et on va faire de notre mieux pour que la cellule rayonne afin qu’elle joue véritablement son rôle au profit de ce secteur et on va associer le dynamisme à celui de notre tutelle, son excellence Antoinette Nsamba Kalambayi, qui elle aussi ne ménage aucun effort pour que ça aille de l’avant. Il y a des questions assez particulières sur lesquelles nous allons revenir dans les prochaines interview.
Liberté Plus