Accord de Washington :  » En acceptant de se retirer, Kigali admet que la prétendue menace des FDLR ne justifie plus sa présence armée » (Donat-Soft Mukuna)

0 0
Read Time:3 Minute, 58 Second

Le débat sur l’Accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025, entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, continue de faire couler encre et salive.
Et, pour cause ? Alors que certains y voient un compromis dangereux, voire un recul diplomatique, Dr. Donat-Soft Mukuna Muya, coordonnateur national du Corps de l’Élite Scientifique de l’UDPS-Tshisekedi a daigné porter un démenti formel à Thomas Luhaka, ancien ministre, qui récuse cet accord. Dans une lettre ouverte aux contours intellectuels très riches et d’une hauteur stratégique, ce chercheur démonte une à une les critiques formulées par cet ancien ministre du gouvernement 1+4.

Dans les premières lignes de son intervention, le Dr Soft rejette l’analyse de l’ancien ministre Thomas Luhaka qu’il qualifie de superficielle, déconnectée des dynamiques géostratégiques actuelles, et surtout des subtilités du droit international ainsi que des mécanismes diplomatiques modernes.

Pour lui, l’Accord de Washington ne constitue en aucun cas un recul, mais une véritable avancée sur plusieurs plans : juridique, politique, sécuritaire et symbolique. Le coordonnateur national du Corps de l’Élite Scientifique du parti au pouvoir affirme que ce texte ne remplace en rien la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée en février 2025, mais en devient plutôt le levier d’application concrète. Là où la résolution fixe les principes, l’accord pose les actes; une différence capitale.

Ce que certains qualifient de concessions ou de compromis est pour Dr Donat-Soft Mukuna Muya une victoire diplomatique obtenue dans un monde multipolaire complexe, où la force ne réside plus uniquement dans le langage musclé mais dans la capacité à créer des instruments durables de pression et de surveillance. Ainsi, pour la toute première fois, le Rwanda reconnaît implicitement sa présence militaire en RDC et accepte de se retirer sous la supervision directe d’un mécanisme tripartite composé de l’Union Africaine, du Qatar et des États-Unis. Une brèche stratégique s’est ouverte, que la RDC peut désormais exploiter avec intelligence et fermeté.

Le Dr Soft Mukuna conteste aussi fermement la lecture que fait Thomas Luhaka du plan opérationnel harmonisé dit “CONOPS”. Selon lui, il ne s’agit nullement d’un chantage ou d’un piège diplomatique lié à la présence des FDLR, mais d’une séquence d’actions simultanées, planifiées et surveillées. Il insiste sur la logique de contrainte coordonnée qui lie les deux parties dans un délai de 90 jours, sous un contrôle extérieur strict. Dès lors, chaque violation devient traçable, documentée et imputable. Le docteur fait comprendre ainsi que Kigali perd l’un de ses prétextes historiques : l’invocation de la menace des FDLR pour justifier des incursions sur le sol congolais.

À ceux qui s’inquiètent de voir la RDC s’engager à “mettre fin à tout soutien aux FDLR”, le Dr Soft répond que cette clause n’a rien d’une faiblesse. Au contraire, elle constitue un piège stratégique qui retourne le discours sécuritaire du Rwanda contre lui-même. En acceptant de se retirer, Kigali admet que la prétendue menace des FDLR ne justifie plus sa présence armée. Cette clause permet également d’imposer des standards internationaux de vérification, obligeant désormais tout accusateur à produire des preuves, et non plus des rumeurs.

Un autre point fort de la réponse du Dr Soft concerne l’implication des États-Unis. Certains observateurs, dont Thomas Luhaka, ont vu dans l’absence d’engagement juridique formel de Washington une faiblesse de l’accord. Pour Dr Soft, c’est tout le contraire. En devenant arbitre politique et moral du processus, les États-Unis envoient un message fort : la stabilité de la RDC fait désormais partie de leurs priorités stratégiques. Ce positionnement change la donne dans les Grands Lacs, dans un contexte où les États-Unis cherchent de nouveaux alliés fiables sur le continent, notamment pour sécuriser les ressources critiques nécessaires à la transition énergétique mondiale.

Au fil de sa lettre, Dr. Donat-Soft Mukuna Muya révèle les multiples bénéfices souvent ignorés de l’Accord de Washington : reconnaissance internationale de l’agression rwandaise, mécanismes permanents de surveillance externe, cadre de coopération économique régionale et obligations humanitaires renforcées pour la protection des civils. Loin d’un marchandage, il voit dans cet accord une opportunité historique que le Congo doit saisir pour inverser durablement le rapport de force.

Il en appelle alors à un changement de posture intellectuelle. À ses yeux, l’approche systématiquement critique de Maître Thomas Luhaka fait abstraction des leçons de l’histoire diplomatique. À ce sujet, il évoque les accords de Camp David, de Dayton ou encore du Vendredi Saint, qui ont tous été perçus à leur époque comme des concessions, mais qui ont fini par marquer des tournants décisifs vers la paix et la souveraineté.

FS/LIBERTÉ PLUS

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *