Sentant la dérive de leur pacte social, les prélats catholiques de la CENCO ne cachent plus leur opposition farouche à l’égard du pouvoir. Même si elle donne l’air de fournir à Félix Tshisekedi un appui, plutôt médusé, à travers leur fameuse création, les ténors de l’église catholique dégagent depuis peu l’impression de ne pas être eux-mêmes convaincus du bien fondé de leur approche.
Alors qu’ils vantent, à qui veut les entendre, le mérite du pacte social qu’ils estiment adapté au contexte de la recherche de la paix et du vivre ensemble au pays, ils fustigent, cependant, la démarche menée par le Chef de l’État pour la paix, à travers la signature à Washington de l’accord de paix, estimant qu’il comporte des failles irréfragables. Dans ces conditions, il est tout simplement hors de question qu’il soit adopté par le peuple congolais.
Pour peu que l’on sache sur nos camarades en robe, la diplomatie est loin d’être un exercice susceptible de promouvoir la cohésion et la compréhension mutuelle. Dès lors, l’apanage du bon droit ou de la solution des tiraillements à répétition enregistrés dans notre pays réside dans leurs manches. Autrement dit, toute initiative qui ne tient pas compte de leur fameux pacte social n’aura aucun impact positif sur la stabilité de la RDC.
Leur condisciple de l’ECC, André Bokundoa Bo-Likabe, ayant pesé le pour et le contre de leur démarche improductive, reste dans l’expectative pour ne pas engager un bras de fer avec le gouvernement. Il observe et ne s’exprime pas. Ambongo et N’shole, quant à eux, viennent à nouveau de déterrer la hache de guerre contre Félix, arguant que »l’accord de paix signé entre les deux gouvernements, Rwandais et RD congolais, ne tient pas compte des causes profondes de la guerre ». Il faut ainsi reprendre l’initiative à zéro, bien entendu, en les intégrant en amont comme en aval. Dès lors, on a du mal à saisir les véritables challenges à la base de la démarche de la CENCO. Mais déjà, l’on comprend que la présence de leur poulain Bokundoa était plutôt une stratégie pour faire accepter dans l’opinion une initiative singulièrement catholique, craignant qu’elle soit rejetée de prime abord par le peuple congolais, compte tenu d’un passé récent très controversé avec le pouvoir Tshisekedi.
Mais, à quoi est dû cette attitude rébarbative de sieurs catholiques qui, actuellement n’ont de chrétien que leurs soutanes, car, tout ce qu’ils entreprennent attestent qu’ils sont plus enclin à la politique qu’à leur mission initiale de prêcher la bonne nouvelle, muée en pacte social.
À notre avis, messeigneurs Ambongo et N’shole confondent superbement bien leurs attributions sacerdotales au rôle qu’ils se sont donnés en qualité de leader politique. La preuve est qu’ils ne sont pas les seuls évêques qui prestent en RDC. Cependant, les deux, y compris monseigneur Fulgence Muteba, ont délibérément choisi de s’investir dans la politique; ce que nous ne leur reprochons pas. Mais, user de leur statut d’hommes de Dieu pour s’imposer en politique, prenant des positions qui frisent l’opposition, ils doivent accepter de jouer le jeu au même titre que les opposants traditionnels, capables de porter le poids de la critique susceptible de leur faire baisser pavillon.
Pas plus tard qu’hier, monseigneur Fulgence Muteba s’est manifestement affiché à Goma, en soutien à la guerre d’agression menée par l’AFC/M23. Le fait d’avoir béni au vu et au su du monde entier, le rebelle patenté Nangaa démontre à quel point les leaders catholiques sont favorables à la division plutôt qu’à l’unité, en entretenant des conflits, dès lors qu’ils ne trouvent pas leur compte.
Le Chef de l’État a intérêt à tirer toutes les conséquences des actes de ces leaders sociaux, soucieux de s’imposer sur le plan politique à l’instar des pays islamiques qui ploient sous l’autorité des ayatollahs. Félix Antoine Tshisekedi devra éviter d’offrir à ces agitateurs sociaux l’occasion de s’exprimer dans les geôles du pouvoir, en profitant de cet espace pour raconter des inepties susceptibles de démobiliser le peuple.
Justice TSHINGUTA, Secrétaire Exécutif de la ligue des femmes UDPS/Tshisekedi en charge de la formation et idéologie
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