RDC : le gouvernement dénonce les exactions du M23/AFC et suspend plusieurs partis politiques

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Le ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières a rendu public, ce vendredi, un communiqué accablant contre le mouvement armé AFC/M23 qu’il qualifie de « supplétif de l’armée rwandaise ». Selon le ministre Jacquemain Shabani, ce groupe poursuit dans les territoires qu’il occupe « des actes criminels massifs » et des violations graves des droits humains.

Le gouvernement fait état d’un bilan alarmant : plus de 123 cas d’assassinats et d’exécutions sommaires, 223 cas de viols, des centaines d’enlèvements et de recrutements forcés, ainsi qu’une centaine de cas de tortures, y compris sur des élèves. Des incendies de maisons, occupations illégales de terres et de résidences, ainsi que pillage de biens civils ont également été signalés entre le 3 et le 31 octobre dans plusieurs localités de l’Est du pays.

Le communiqué mentionne notamment l’enlèvement et le recrutement forcé d’une centaine de jeunes à Bukavu, les assassinats d’une dizaine de civils à Bishusha dans le territoire de Rutshuru, ainsi que le bombardement de zones habitées au Nord et au Sud-Kivu par la coalition M23/AFC.

“ Ces faits constituent une violation flagrante de l’intégrité territoriale de la RDC, des instruments internationaux relatifs aux droits humains, de la Charte des Nations unies, de l’Acte constitutif de l’Union africaine, ainsi que de la résolution 2773 du Conseil de sécurité ”, souligne le communiqué.

Le ministère rappelle également que ces agissements vont à l’encontre de l’Accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda et de la Déclaration des principes de Doha.

Dans la même communication, le ministre Jacquemain Shabani annonce la suspension des activités de douze partis politiques sur toute l’étendue du territoire national.
Ces formations sont accusées d’avoir porté atteinte à l’unité nationale, à la souveraineté de l’État et à la sécurité du territoire. Il s’agit notamment du PPRD, LGD, Piste pour l’Émergence, AAP, UDA, MPCR, ATD, COFEDEC, PNEC, MLP, UPC et ADCP.

Le ministère indique avoir saisi le Conseil d’État afin d’obtenir la dissolution de ces partis, conformément aux articles 29, 30 et 31b de la loi n° 04/002 du 15 mars 2004 sur l’organisation et le fonctionnement des partis politiques.

Tout en réitérant la détermination du gouvernement à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, le ministre Shabani appelle les partis politiques à exercer leurs activités dans le respect strict de la Constitution, des lois de la République et de l’ordre public.

“ Le gouvernement encourage les forces politiques à promouvoir la démocratie pluraliste, l’unité et la souveraineté nationales ”, conclut le communiqué.

Cette double annonce, dénonciation des exactions du M23/AFC et suspension de plusieurs formations politiques, marque une escalade politique et sécuritaire dans un contexte où la République démocratique du Congo cherche à réaffirmer son autorité sur un territoire fragilisé par des années de conflits à l’Est.

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