SOKIMO : Face aux élus nationaux du Haut-Uele, le DG Pistis Bonongo tire la sonnette d’alarme sur l’occupation illégale de sites miniers par des opérateurs chinois

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Dans le cadre d’une mission parlementaire de travail, le Directeur général de la Société minière de Kilo Moto (SOKIMO), Pistis Bonongo Tokole, a échangé, jeudi 12 février, en son siège, avec une importante délégation du caucus des députés nationaux élus de la province du Haut-Uele.

Agissant conformément à leurs prérogatives constitutionnelles en matière de contrôle parlementaire et de représentation du peuple, ces élus nationaux avaient pour objectif d’évaluer la situation actuelle de cette entreprise publique stratégique et d’échanger avec ses dirigeants sur les enjeux liés à sa relance, sa gouvernance et sa contribution au développement provincial et national.

État des lieux

Au cours de cette séance de travail axée sur la relance structurelle, le DG de SOKIMO a fait un exposé détaillé sur la situation générale de cette entreprise publique, marquée par des défis structurels, financiers, sécuritaires et institutionnels.

Il a notamment rappelé que la SOKIMO évolue dans un environnement particulièrement complexe, caractérisé par :

  • L’occupation illégale de certains de ses sites miniers dans le Haut-Uele par des exploitants étrangers, notamment chinois ;
  • Des contraintes fiscales importantes ;
  • Un déséquilibre financier structurel ;
  • Les séquelles des crises sécuritaires passées dans l’espace du Grand Orientale.

La Direction Générale a attiré l’attention du caucus parlementaire sur la situation préoccupante de plusieurs sites miniers appartenant à la SOKIMO, actuellement illégalement occupés par des opérateurs chinois dans la province du Haut-Uele.

Cette occupation constitue, selon lui :

  • Une violation des titres miniers légalement détenus par la SOKIMO ;
  • Un manque à gagner considérable pour l’entreprise et pour l’État congolais ;
  • Une atteinte à la souveraineté économique nationale.

Plaidoyer pour la restauration de l’autorité de l’État

À cet effet, le manager de SOKIMO a sollicité l’appui des députés nationaux de cette partie du pays, afin qu’un plaidoyer soit porté au niveau du Gouvernement central pour restaurer l’autorité de l’État sur ces sites et garantir le respect du Code minier.

Le Plan de relance : une vision structurée en sept axes

Le Directeur Général a ensuite présenté les sept axes stratégiques du Plan de relance de cette entreprise publique, qui constitue une véritable feuille de route pour la redynamisation de l’entreprise :

  1. Assainissement de la situation financière ;
  2. Rationalisation du capital humain ;
  3. Amélioration de la gouvernance interne ;
  4. Révision des partenariats et recherche de partenaires viables ;
  5. Recherche géologique pour la certification des titres miniers ;
  6. Relance progressive de la production d’or ;
  7. Remobilisation des moyens pour accroître l’impact social.

Ce plan repose sur une approche réaliste et conforme au Code minier ainsi qu’aux orientations stratégiques du Gouvernement. L’un des points majeurs abordés lors des échanges concerne la structure financière actuelle de la SOKIMO, notamment en ce qui concerne les dividendes issus du partenariat avec Kibali Gold Mine.

« La SOKIMO détient 10 % de participation dans Kibali. Toutefois, la réalité financière est plus complexe :

  • Sur ces 10 %, 1/3 est retenu à la source par Kibali au titre de sa créance ;
  • 35 % sont également retenus à la source en raison de 10 % pour l’impôt mobilier et de 25 % une quote-part que l’État retient dans les entreprises minières en joint venture avec des particuliers », lit-on dans une dépêche.

Au final, la SOKIMO ne conserve qu’environ 32 % de ses 10 % initiaux, somme devant couvrir :

  • La paie des agents ;
  • Les charges de fonctionnement ;
  • Les dettes fiscales ;
  • Les obligations sociales et administratives.

Cette situation réduit considérablement la capacité opérationnelle de l’entreprise.

La question de la compensation financière

La Direction Générale a également soulevé une question fondamentale : alors que l’État exerce diverses pressions fiscales sur la SOKIMO, il subsisterait une dette de l’État envers l’entreprise, estimée à environ 71 millions de dollars américains.

Dans ce contexte, la Direction s’interroge sur l’opportunité d’un mécanisme de compensation (compensation croisée des créances) permettant d’alléger la pression fiscale et de redonner une marge de manœuvre financière à l’entreprise.

Les préoccupations du caucus parlementaire

En réaction, les députés ont également abordé trois axes prioritaires :

  1. Les projets de développement communautaire ;
  2. L’impact environnemental ;
  3. L’emploi local et le climat social.

Engagement des députés nationaux

À l’issue des échanges, les honorables députés ont exprimé leur satisfaction quant à la clarté des informations fournies et à la cohérence du Plan de relance.

Ils ont pris l’engagement :

  • De plaider pour la récupération des sites illégalement occupés ;
  • D’examiner la question des retenues à la source et des mécanismes de compensation financière ;
  • D’accompagner institutionnellement la SOKIMO dans sa relance.

Les élus ont rappelé que la revitalisation de la SOKIMO constitue un impératif stratégique pour :

  • Restaurer la confiance économique dans le Haut-Uele ;
  • Créer des emplois durables ;
  • Renforcer l’autorité de l’État ;
  • Réduire les vulnérabilités sociales susceptibles d’alimenter l’instabilité.

Conclusion

La visite parlementaire du 12 février 2026 marque une étape importante dans le renforcement du dialogue institutionnel entre la représentation nationale et la gouvernance d’une entreprise publique stratégique.

Face aux défis liés à l’occupation illégale des sites, aux contraintes fiscales et aux déséquilibres financiers, la relance effective de la SOKIMO apparaît comme une priorité non seulement économique, mais également sécuritaire et sociale pour le Haut-Uele et l’ensemble du Grand Orientale.

Cette dynamique de collaboration constructive ouvre la voie à des solutions concertées, au service de l’intérêt général et du redressement durable de l’entreprise.

En définitive, la relance effective de la SOKIMO constitue un impératif stratégique pour la stabilité économique, sociale et sécuritaire du Haut-Uele et du Grand Orientale. Elle requiert un engagement institutionnel fort afin de restaurer pleinement les droits de l’entreprise et de garantir sa contribution durable au développement national.

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