Dans le cadre du Projet KIN ELENDA financé par la Banque mondiale, le ministère des Infrastructures et Travaux publics, en collaboration avec la Cellule Infrastructures et la Cellule de développement urbain de Kinshasa, a organisé un atelier de restitution des phases 3 des études relatives à l’élaboration des plans locaux d’aménagement (PLA) et des plans particuliers d’aménagement (PPA).














La rencontre, tenue dans la salle Le Capitole de l’hôtel Kin Plaza Arjaan by Rotana, dans la commune de la Gombe, a réuni autorités urbaines, experts, consultants et partenaires techniques autour d’un objectif commun : prévenir durablement les inondations et encadrer l’expansion urbaine de la capitale.
Les études portent prioritairement sur deux périmètres : le bassin versant de la rivière N’djili et la zone économique spéciale de Maluku (ZES/Maluku). Elles s’inscrivent dans une démarche plus large intégrant également le Plan de Mobilité Urbaine Durable (PMUD) et une étude sur la capture de la valeur foncière dans un contexte de Transit-Oriented Development (TOD).
L’enjeu est de doter la ville d’outils modernes de planification – zonage, règlement d’urbanisme, plans d’occupation du sol – afin de corriger des décennies d’urbanisation anarchique, particulièrement visibles le long de la rivière N’djili.
Représentant le gouverneur de la ville, le ministre provincial des Infrastructures, Alain Tshilungu, a rappelé que Kinshasa « souffre d’un aménagement non contrôlé et d’une urbanisation sauvage », conséquence directe d’une croissance démographique rapide et d’un étalement urbain mal maîtrisé.
Selon lui, les résultats présentés constituent « des outils essentiels pour un développement contrôlé ». Il a insisté sur la nécessité d’un accompagnement politique fort pour passer de l’étude à l’action. « Nous avons aujourd’hui des résultats clairs et palpables que nous devons appliquer pour des résolutions définitives », a-t-il déclaré, annonçant que le bassin de la N’djili servira de zone pilote avant l’extension à d’autres bassins versants.
Évoquant les inondations d’avril 2025, qui avaient causé d’importants dégâts matériels et endeuillé plusieurs familles, il a souligné la volonté des autorités d’anticiper les fortes pluies attendues en avril, afin d’éviter la répétition des drames.
Pour Tom Kisenda, coordonnateur de la Cellule de développement urbain, l’atelier marque un tournant stratégique. « Nous ne voulons plus seulement parler des problèmes de Kinshasa, nous voulons des solutions », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que plus de 26 000 habitations sont recensées autour de la rivière N’djili, souvent dans des zones inondables. « Les problèmes écologiques seront toujours là, les fortes pluies reviendront. Mais nous devons anticiper », a-t-il insisté, soulignant que ces études pilotes devront être dupliquées dans d’autres zones critiques de la ville.
Il a également mis en avant la responsabilité partagée entre l’État et la population, appelant à une meilleure sensibilisation pour éviter les constructions dans des zones à haut risque.
De son côté, Billy Tshibambe, coordonnateur de la Cellule Infrastructures, a rappelé que KIN ELENDA est un projet multisectoriel couvrant les infrastructures, l’eau, l’électricité et la mobilité urbaine. Dans son volet infrastructure, il vise à améliorer la gestion des espaces urbains, l’accès aux services de base et aux opportunités économiques.
Les plans locaux d’aménagement autour de la N’djili et de Maluku constituent, selon lui, « des études pilotes destinées à être dupliquées dans d’autres zones de la ville ».
Le Chef de mission pour le cabinet suisse Urbaplan, monsieur Youssef Samlali a détaillé le contenu technique des études. Des modèles hydrauliques ont permis d’identifier des périodes de retour des pluies pouvant entraîner des inondations tous les deux ans si aucune mesure n’est prise.
L’étude recommande notamment :
• la protection des abords immédiats de la rivière (zones rouges) ;
• la mise en place d’infrastructures de protection ;
• le relogement partiel des populations les plus exposées ;
• la valorisation maîtrisée des abords de la rocade sud, corridor stratégique pour le développement futur de la ville.
« Nous proposons des plans prêts à être mis en œuvre dès demain, si une décision politique est prise », a-t-il assuré.
Si le bassin de la N’djili et la ZES/Maluku constituent la phase pilote, les autorités envisagent déjà l’extension de cette approche à d’autres bassins versants et corridors urbains de Kinshasa, notamment ceux confrontés aux mêmes défis d’occupation anarchique et de vulnérabilité écologique, afin de transformer Kinshasa, une capitale longtemps marquée par l’improvisation en une ville planifiée, résiliente et capable d’absorber les chocs climatiques.
Après les inondations meurtrières d’avril 2025, le gouvernement tient maintenant à passer à la prévention plutôt qu’à la réparation grâce au projet KIN ELENDA pour le bien-être et la protection de la population kinoise.
TL/Liberté PLUS