Le secrétaire général et président ad intérim de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi), Augustin Kabuya, a réaffirmé la position du parti présidentiel en faveur d’un changement ou d’une révision de la Constitution. Il s’est exprimé samedi lors d’une causerie morale organisée au siège du parti à Kinshasa, dans un contexte marqué par des avis divergents au sein de la classe politique.
Selon lui, cette initiative ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte notamment aux positions défendues par le fondateur historique du parti, Étienne Tshisekedi, ainsi qu’aux résolutions issues des états généraux de l’UDPS/Tshisekedi organisés en 2024 à Kinshasa, qui avaient réuni les différentes structures du parti venues de l’intérieur et de l’extérieur du pays.
« C’est depuis 2024 que toutes les structures de l’UDPS/Tshisekedi se sont réunies à Kinshasa pour les états généraux. Nous avions dit ceci : nous devons changer cette Constitution », a-t-il rappelé devant les militants.
Le secrétaire général du parti présidentiel a reconnu que cette position n’avait pas fait l’unanimité au sein même de sa formation politique. Certaines personnalités du parti s’y étaient opposées, avant que le président de la République, Félix Tshisekedi, n’évoque lui-même la question lors d’une intervention publique à Kisangani.
« Certaines personnes au sein même du parti ont voulu me contredire, mais lorsque le Chef de l’État en a parlé à Kisangani, elles n’ont rien pu dire », a-t-il soutenu.
Au cours de son intervention, Augustin Kabuya a également évoqué la position de certains responsables religieux, notamment au sein de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Il a cité l’abbé Donatien Nshole, affirmant que ce dernier avait, dans le passé, partagé les inquiétudes d’Étienne Tshisekedi sur la Constitution actuelle.
Selon lui, cette loi fondamentale aurait été conçue dans un contexte de sortie de conflit et « taillée sur mesure pour plaire aux belligérants ».
Pour appuyer son argumentation, Augustin Kabuya a évoqué plusieurs précédents dans l’histoire politique du pays. Il a rappelé que l’ancien président Mobutu Sese Seko avait modifié la Constitution à plusieurs reprises. De même, Laurent-Désiré Kabila avait apporté des modifications au décret-loi du 27 mai 1997.
Il a également cité la révision constitutionnelle intervenue sous le régime de Joseph Kabila, lorsque l’élection présidentielle est passée de deux tours à un seul.
« Au nom de quel principe notre régime ne va-t-il pas la toucher ? », s’est-il interrogé.
Face aux critiques et aux inquiétudes suscitées par cette perspective, le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi a appelé à l’apaisement tout en réaffirmant la ligne du parti.
« Que les gens soient calmes, nous allons la toucher. Nous restons sur notre ligne, cela ne sert à rien d’attaquer qui que ce soit », a-t-il conclu.
Ces déclarations relancent une nouvelle fois le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution en République Démocratique du Congo, une question qui continue de susciter de vives discussions au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
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