Dans une interview accordée au magazine Jeune Afrique vendredi 4 avril, le président rwandais Paul Kagame a suggéré l’implication de Joseph Kabila dans le mouvement rebelle M23/AFC, qui occupe une partie des provinces du Nord et Sud-Kivu en République démocratique du Congo.
Dans cet entretien, le président du « pays des mille collines » a clairement dissocié son pays du M23/AFC, affirmant qu’il s’agit d’un groupe congolais et non rwandais, faisant ainsi allusion à l’ancien président Joseph Kabila.
« Tous ceux qui souhaitent contribuer à un Congo stable sont les bienvenus. L’AFC/M23 est un groupe large. J’ai aussi vu que l’ancien président Kabila fait désormais partie de ce mouvement ou y est associé d’une manière ou d’une autre », a-t-il déclaré concernant le soutien du Rwanda à la rébellion dans l’Est de la RDC.
Félix Tshisekedi avait déjà alerté
Cette déclaration vient corroborer et confirmer les accusations formulées officiellement par le président Félix Tshisekedi et le gouvernement congolais.
Lors d’une interview accordée aux médias internationaux à Munich, en Allemagne, le président de la RDC avait soupçonné son prédécesseur de manœuvrer dans l’ombre, sous l’étiquette du M23/AFC, afin de déstabiliser les institutions.
« Je n’ai absolument pas l’impression que l’opposition qui a pris les armes, qui a fomenté avec le Rwanda ce coup contre la République, soit dans son bon droit. D’ailleurs, les vrais commanditaires se cachent. Et le vrai commanditaire de cette opposition, c’est mon prédécesseur, c’est Joseph Kabila. Mais il ne l’avoue pas. Il n’assume pas ses actions », avait révélé le Chef de l’État.
Il est à noter que la Haute Cour militaire de Kinshasa s’était saisie de l’affaire et avait condamné, en septembre 2025, l’homme de Kingakati à la peine de mort pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.
Kagame défie la communauté internationale
Abordant la question de la présence des troupes rwandaises (RDF), le successeur de Juvénal Habyarimana assume sans détour la présence de ses soldats en terre congolaise, affirmant qu’ils sont là pour « défendre sa frontière jusqu’à 20 km au-delà ».
« N’attendez pas de moi que je lève nos mesures de défense alors que vous ne faites rien pour mettre un terme à ce qui menace mon pays », a-t-il souligné.
Les propos du président rwandais, Paul Kagame, accentuent le climat de forte tension entre Kinshasa et Kigali, marqué par de violents affrontements entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du Mouvement du 24 mars/Alliance Fleuve Congo, malgré les accords de Washington et de Doha.
MF/LIBERTÉ PLUS