Kinshasa — L’Inspection générale des finances (IGF) a clôturé avec succès, ce jeudi 20 août à Kinshasa, son séminaire de vulgarisation du Plan stratégique triennal 2026-2028, consacré à la transformation des mécanismes de contrôle des finances publiques et au renforcement de la gouvernance publique en République démocratique du Congo.


Organisées à l’intention des responsables des administrations et services publics, ces assises ont permis de présenter les principales orientations du nouveau Plan stratégique triennal et de favoriser une meilleure appropriation de la nouvelle approche du contrôle systémique.
Placés sous le thème « Plan triennal 2026-2028 et contrôle systémique de l’IGF : mutation du contrôle pour une meilleure gouvernance publique en RDC », les travaux ont porté sur plusieurs enjeux majeurs, notamment la digitalisation de l’administration, la gouvernance budgétaire, le contrôle et l’audit interne ainsi que la maîtrise des risques.
La digitalisation, un levier de la réforme administrative
La transformation numérique de l’administration publique a constitué l’un des principaux axes abordés au cours du séminaire.
Intervenant sur cette question, Carlos Kaloto, Directeur de Cabinet adjoint au ministère de la Fonction publique, a insisté sur la nécessité pour les administrations publiques de s’adapter aux exigences de la transformation numérique.
Il a notamment souligné l’importance d’une meilleure maîtrise des ressources et des données administratives, indispensable à une gestion publique plus efficace.
« Il n’y a pas de gestion efficace tant que les ressources sont floues. C’est pourquoi la réforme de l’administration trouve toute sa raison d’être », a-t-il souligné.
La digitalisation apparaît ainsi comme un outil essentiel pour améliorer la gestion de l’information, renforcer la traçabilité et moderniser progressivement les services publics.
Contrôle interne, audit et inspection : une complémentarité nécessaire
La gouvernance budgétaire a également occupé une place importante dans les échanges.
À travers son exposé consacré à la nouvelle gouvernance budgétaire et à l’importance du contrôle et de l’audit interne, Étienne Mafweni, Assistant technique au COREF, a expliqué les rôles respectifs du contrôle interne, de l’audit interne et de l’inspection.
Le contrôle interne vise à sécuriser les opérations à travers des procédures et mécanismes appropriés. L’audit interne permet d’évaluer l’efficacité de ces dispositifs et d’en identifier les éventuelles faiblesses.
L’inspection intervient notamment dans la détection et le traitement des irrégularités et des fraudes.
La complémentarité de ces mécanismes contribue ainsi à renforcer la maîtrise des risques et à améliorer la qualité de la gestion publique.
La maîtrise des risques au cœur du nouveau dispositif
La gestion des risques a constitué un autre axe majeur du séminaire.
Tshibangu Luamuela, Inspecteur des Finances Émérite, a présenté la méthodologie de la cartographie des risques prévue dans le cadre du Plan stratégique triennal 2026-2028.
Cette démarche vise à identifier, analyser et hiérarchiser les risques auxquels sont exposées les administrations publiques, afin de permettre aux responsables de prendre des mesures préventives adaptées.
Pour l’IGF, cette approche traduit la volonté de renforcer un contrôle qui ne se limite plus à constater les irrégularités, mais qui cherche davantage à anticiper les risques et à prévenir les dysfonctionnements.
Christophe Bitasimwa : « Il n’est plus question de courir derrière le dégât causé »
À l’occasion de la clôture, Christophe Bitasimwa, Inspecteur général des finances, Chef de Service, a insisté sur la nécessité de faire évoluer les méthodes de contrôle.
Rappelant les acquis de la patrouille financière, il a souligné l’importance d’une transition vers le contrôle systémique, une approche davantage centrée sur les systèmes, les procédures et les mécanismes de gestion.
« Il n’est plus question de courir derrière le dégât causé. La digitalisation n’est plus une option, c’est un choix pour la bonne gouvernance de notre pays », a déclaré Christophe Bitasimwa.
Cette mutation vise à faire évoluer le contrôle d’une logique essentiellement corrective vers une démarche préventive et anticipative, permettant d’identifier les vulnérabilités et de réduire les risques de pertes pour l’État.
Une clôture qui marque une nouvelle étape
La clôture du séminaire a été marquée par la remise des brevets de participation aux responsables des administrations et services publics ayant pris part aux travaux, avant un cocktail d’au revoir.
À travers ce séminaire de vulgarisation, l’IGF entend renforcer le dialogue avec les administrations publiques et favoriser une appropriation commune des orientations du Plan stratégique triennal 2026-2028.
Digitalisation de l’administration, maîtrise des risques et contrôle systémique constituent ainsi les principaux axes de cette nouvelle dynamique portée par l’IGF, avec pour ambition de contribuer à une gouvernance publique plus efficace, rigoureuse, préventive et mieux sécurisée en République démocratique du Congo.
LIBERTÉ PLUS/IGF