Après le passage, vendredi dernier, du Président de l’Ensemble pour le Changement, Moïse Katumbi, sur les antennes de la France 24, les réactions fusent de partout. Si la plupart vont dans le sens de dénuer à Moïse Katumbi le droit de briguer la magistrature suprême du fait qu’il soit totalement un étranger de par ses parents, Me. Patience Nzombo, vice-présidente de la Ligue des Femmes de l’UDPS à la fédération de Lukunga à Kinshasa, dit plutôt s’intéresser à la mauvaise côte que ce dernier a donné au bilan du Président de la République, SEM Félix Tshisekedi, prétextant que le peuple congolais serait en danger.
« Je crois que concernant le droit ou non de Moïse Katumbi de briguer le poste de Président de la République, tout est réglé par notre Constitution et nos lois. Il revient donc aux services compétents d’établir son éligibilité pour être retenu parmi les candidats. S’il est frappé par l’un des critères, je crois que son sort sera immédiatement scellé par la Commission Électorale Nationale Indépendante», explique Me. Patience Nzombo.

Néanmoins, poursuit-elle, je suis restée perplexe lorsque j’ai entendu Moïse Katumbi parler
d’un bilan cahotique du Président Tshisekedi sans toutefois brandir des chiffres ou évoquer secteur par secteur.
Il faut d’abord dire que l’ancien gouverneur du Katanga n’a aucune leçon à nous donner en matière de bonne gouvernance, dès lors que l’expérience dont il se targue comporte des tares de la corruption et de l’enrichissement illicite. Nous savons tous qu’il a très mal géré le grand Katanga et a usé de la manipulation médiatique pour qu’on lui présente comme un saint. Peut-il vraiment nous donner les détails de sa gestion en matière des Mines ?
Il est tout simplement de mauvaise foi quand il parle sans retenu d’un bilan cahotique. Vous savez, nous venons d’un système dictatorial ayant duré près de deux décennies avec ses corollaires de détournement massif de l’argent public. Le 19 janvier 2022, le Président Tshisekedi est entré en fonction comme un président qui devait régner mais qui ne pouvait pas diriger car, son prédécesseur s’est arrangé pour confisquer le Parlement d’où émane le Gouvernement national, les Assemblées et les gouvernements provinciaux, la territoriale, bref, tout sauf rien.
Et, avec des stratégies politiques, le Président Tshisekedi a su déjouer le plan Kabila au point de l’envoyer au banc de touche, à l’opposition. Ne fût-ce que pour ça, on ne peut pas applaudir et dire que sur le plan politique il a réussi car, le souhait d’un bon nombre de congolais était celui de voir le président Tshisekedi dekabiliser le pays.
Moïse Katumbi n’a-t-il pas eu écho de l’augmentation du budget national jusqu’à 16 milliards de dollars américains pour l’exercice 2023? N’a-t-il pas eu écho de la régularité de la paie des fonctionnaires et agents de l’État, de la digitalisation de l’administration publique, de l’augmentation des salaires des enseignants et militaires ?
Quand il évoque le manque de motivation de l’armée, pourquoi n’a-t-il pas condamné le régime de restriction imposée à la RDC par la communauté internationale sur l’acquisition de l’armement ?
Pour conclure, j’ai l’impression que Moïse Katumbi est complètement déconnecté de la réalité. Il peut se tranquilliser car, pendant la campagne électorale nous allons nous déployer pour démontrer aux potentiels électeurs de Félix Tshisekedi ce qu’il a eu à réaliser jusqu’à présent.
Je dis…, a affirmé Me. Patience Nzombo.
Propos recueillis par Hervé Mulumba,
Liberté PLUS