Alors que la commune de la N’sele s’apprête à procéder, dans les tout prochains jours, à l’installation officielle de monsieur Mwele Munzele Platini comme chef coutumier du village Bingi-Bingi, conformément aux directives du ministre provincial de l’intérieur, une opposition formelle à cette initiative a été soulevée par le Secrétaire Général aux Affaires coutumières.
Dans une correspondance datée du 29 mai 2025 et adressée au chef de groupement a.i de Kingakati, le Secrétaire général aux Affaires coutumières, monsieur Kalala Mayimala Claude, accuse réception de la lettre d’opposition introduite par ledit chef de groupement.
Il y est fermement indiqué que monsieur Mwele Munzele Platini n’a jamais été désigné conformément à la coutume locale pour exercer les fonctions de chef coutumier du village Bingi-Bingi.
La lettre précise, en outre, que le seul chef coutumier reconnu de ce village reste monsieur Mabiala Mukoko Willy. Celui-ci aurait été désigné par la famille régnante conformément aux us et coutumes, intronisé par l’ancien chef de groupement de Kingakati et reconnu officiellement par décision du Bourgmestre de la commune de la N’sele. Des références légales sont citées pour appuyer cette position, notamment la Loi organique n°10/011 du 18 mai 2010 (modifiée par la loi n°18/037 du 29 décembre 2018) et la Loi n°15/015 du 25 août 2015 fixant le statut des chefs coutumiers.
Dans un ton ferme, le Secrétaire général s’interroge sur les motivations réelles de ceux qui chercheraient à créer « le désordre, la terreur et la déstabilisation » dans ce village stratégique de la périphérie kinoise. Il rappelle qu’en cette période de crise sécuritaire nationale, toute tentative de déstabilisation des entités coutumières ne saurait être tolérée.
Le contraste entre les décisions prises au niveau provincial et celles portées par l’administration centrale des Affaires coutumières soulève des inquiétudes quant au respect des procédures légales en matière de désignation des chefs coutumiers. Dans sa lettre, le Secrétaire général rappelle clairement les instructions du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, interdisant toute interférence dans le choix des animateurs des entités coutumières, qui relève du pouvoir exclusif des familles régnantes.
Alors que le village de Bingi-Bingi se retrouve au cœur d’un imbroglio administratif et coutumier, l’opinion s’interroge : qui, entre les autorités provinciales et le Secrétariat général aux Affaires coutumières, fait véritablement foi dans ce dossier ? Et surtout, à qui profiterait cette confusion, dans une région déjà marquée par des fragilités sécuritaires ?
Il sied de rappeler que le prochain acte de cette affaire sera sans doute l’installation annoncée de monsieur Platini. Reste à savoir si cette cérémonie, prévue dans les jours à venir, se déroulera sans heurts ou si elle ravivera davantage les tensions déjà perceptibles sur terrain. Car, il est d’autant plus claire que même si l’installation de Platini Mwele Munzele est maintenue comme le veut les autorités provinciales, le chef du regroupement Kingakati ne participera pas à cette activité.
Dossier à suivre…
M-Tshiba/LIBERTÉ PLUS

