La situation désastreuse que connaît notre monnaie depuis des lustres est tributaire entre autre à la carence des devises fortes au niveau de la banque centrale susceptibles de couvrir les besoins en importation. Les hommes d’affaires ainsi que d’autres entreprises dépendants des produits et autres matériels importés étaient dans l’obligation de recourir aux changeurs ambulants en vue d’acquérir le dollar pour s’approvisionner.
Cette situation a eu pour conséquence d’amplifier la descente aux enfers de notre monnaie, le marché parallèle étant juteux, jusqu’à nous entraîner à une inflation à quatre chiffres au début du mandat du chef de l’état en 2019.
De 1.700 FC le dollar, le taux est vite monté à 2.800 FC à la date d’aujourd’hui ; soit une dépréciation monétaire de l’ordre de 60%.
Pour s’imposer et remédier à cette situation qui ne faisait que s’empirer, l’État devait s’entourer des garanties pour prévenir tout déséquilibre sur le plan financier et économique.
Chemin faisant, la Banque centrale a arrondi les angles à travers une croissance de 300%, amenant la réserve de 1 milliard laissée par le président honoraire et sénateur à vie Joseph Kabila à 4 milliards ; de quoi faire le poids aux demandes en devises destinées à couvrir les besoins annuelles à l’importation.
À cette réserve importante, il fallait également assurer l’encadrement des ressources financières par un contrôle régulier des entreprises publiques pourvoyeuses des recettes de l’État, à l’instar de la DGI, DGDA et tant d’autres.
Pour ce faire, Félix-Antoine Tshisekedi s’est tapé un allié de taille en l’Inspection Générale des Finances, IGF, où il va nommer un homme talentueux qui a bousculé tous les calculs des gestionnaires qui s’attendaient à une IGF habituée à caresser la bête dans le sens des poils. C’était sans compter avec le flic financier en la personne de monsieur Jules Alingete, ayant prouvé d’une probité morale inamovible qui fait parler de lui dans tous les salons huppés d’ici et d’ailleurs. À ce niveau, nous pouvons affirmer sans peur d’être contredit que le chef de l’état a trouvé un répondant pour assainir les finances publiques.
Dans l’ordre de choses, après les terminaux, l’autre secteur qui met en péril les efforts du gouvernement pour stabiliser la monnaie, c’est le domaine de l’aviation. Toutes leurs factures étant libellées en monnaies étrangères donnent du fil à retordre aux commerçants, obligés d’aligner leurs prix aux payements encourus. Ensuite, ce sera le tour des changeurs ambulants qui répondent sans cesse aux caprices de leurs clients qui sont prêts à débourser pour obtenir les devises à n’importe quel prix.
Après la banque centrale et l’IGF, une troisième structure sur laquelle mise le chef de l’état Félix-Antoine TSHISEKEDI pour réaliser son tiercé gagnant et stabiliser la monnaie, c’est la justice. Tout le monde est d’avis que le choix porté sur cet avocat de carrière en la personne de constant Mutamba n’est pas anodin, surtout que cet homme, candidat malheureux aux élections présidentielles de décembre 2023, a lutté contre Félix pour lui arracher son fauteuil. Comme pour dire que l’intérêt de la nation passe avant le pouvoir pour le »mukua ntombolo ». Et, l’ayant compris, Félix n’a pas hésité à lui faire cette passe en or qu’il est appelé à gérer avec entrain et frapper jusqu’à la moelle des os les récidivistes impénitents.
Et, si cela s’avère le cas, Félix Tshisekedi aura gagné son tiercé, tandis que le peuple sera dans la joie.
Hervé Mulumba
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